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La pré-campagne : un espace de débat essentiel pour l’avenir

L’élection présidentielle d’octobre 2025 au Cameroun s’inscrit dans un contexte
particulier. Elle est une des plus cruciales depuis le 06 novembre 1982, début du
magistère suprême du Président Paul Biya. Jamais les ambitions individuelles et
légitimes n’ont été aussi nombreuses. Le vainqueur de l’élection du 13 octobre 2025
aura de nombreuses urgences à appréhender. Nous souhaitons que cette pré-
campagne électorale ouvre un espace de débat essentiel pour l’avenir. Le RDPC,
parti au pouvoir devra convaincre tous les camerounais de sa capacité à réformer et
transformer le Cameroun, donner des repères et éclairer ses choix. La convocation
du corps électoral par le président Paul Biya suivi du dépôt des candidatures, vient
de sonner le départ d’un champ de bataille juridico électoral, et dans l’espace
virtuel, la multiplication et l’intensification des formes d’agression qui n’ont rien à
voir avec la politique. L’espace numérique de communication, d’influence et de
confrontation est un enjeu vital de la prochaine élection pour le RDPC, afin de
reconquérir la confiance d’une partie de la jeunesse.
Sur l’écosystème numérique les anti-Paul Biya ont une avance relative. Un des axes
incontournables de la campagne du RDPC consistera à redonner confiance à la
jeunesse. La séquence de la caution du candidat Paul Biya financée par les jeunes en
est une parfaite illustration, mais nous devons rester vigilants face aux effets pervers
de cette initiative. La diffusion dans les réseaux sociaux d’arguments judicieusement
choisis pour dénigrer cette opération de communication est dévastateur, chez les
jeunes des quartiers, vivier électoral du RDPC. Le temps de la pré-campagne permet
d’anticiper sur les réseaux sociaux. Le numérique, véritable facteur de rupture
stratégique nous plonge dans l’univers d’une élection dont la victoire n’est pas
acquise. Chaque jeune militant du RDPC doit découvrir sa mission «  l’accomplir ou
la trahir » Franz Fanon. Ce sera au parti au pouvoir de dire aux camerounais ce que
l’élection d’octobre 2025 recèle de plus périlleux pour le Cameroun d’aujourd’hui et
de demain. Le plus dure à accepter, ce sont les attaques venues des désormais ex
alliés du RDPC, qui pour se donner de la contenance et jouer sur les peurs de nos
concitoyens exagèrent sur des problèmes vraiment réels avec des insinuations
meurtrières sur la situation du Cameroun. Il faut bien dire que dans l’opposition et
dans certaines chancelleries occidentales, ce que l’on prévoit en cas de victoire du
RDPC avec Paul Biya est dramatique. Beaucoup évoque en privé un suicide pour la
nation. La querelle sur un bilan mitigé de ces dernières années est en
téléchargement. Face à ce cortège de l’apocalypse, la pré-campagne actuelle doit
redonner confiance à la jeunesse. Le projet politique du RDPC devra donner des
gages d’une équipe solide, sérieuse, prête à gouverner sans corruption. Une
éventuelle candidature consensuelle de l’opposition suite au désistement prévu de
certains candidats présente la faiblesse de n’avoir aucun socle idéologique. Quelque
soit les enjeux, seul l’avenir de notre pays compte. La prochaine élection
présidentielle ne doit pas être une occasion de laisser le peuple s’entre déchirer.
Le Cameroun souhaiterait de tout leur vœu, une pré-campagne électorale paisible.
Nous sommes dans l’attente d’un débat sur le défi à relever et comment y parvenir.
Les conditions pour rester au pouvoir ou y accéder, reposent sur le caractère
réaliste et réalisable des projets des candidats sur la capacité des uns et des autres de
les traduire en succès dans la vie des camerounais. Jean Boissonna aimait dire « à
force d’imaginer le bien, on finit par y contribuer ». Cependant les nouvelles
technologies ont permis la transformation du champ électoral dans le monde. Le
Cameroun ne fait pas exception. Les premières cibles de la désinformation, des fake
news sont une jeunesse urbaine connectée. Les risques d’ingérences étrangères sont
une sérieuse éventualité. Notre jeunesse désœuvrée sans perspective, nourrit sa
culture politique de fantasmes que font circuler des marchands d’illusion. Après
l’élection présidentielle d’octobre 2025, les rues ne seront pas pavées d’or quelque
soit le vainqueur. Avant que l’heure du choix n’arrive, nous devons préalablement
préciser les enjeux de cette élection complexe durant laquelle va se jouer le destin
du Cameroun. Nous hisser au dessus de toutes les manœuvres politiciennes de
quelque côté qu’elles viennent. Gérer notre diversité ethnique pour qu’elle ne soit
pas source de rejet et de confrontation avec l’autre, voir d’explosion sociale.
Sommes-nous à la veille de l’émergence d’’une crise politique sous précédant ? Je
pense que la réponse est non. Nous devons cependant rester vigilants et attentifs
afin d’éviter un engrenage de violence ouvrant la porte à une spirale du chaos que
prédisent certaines chancelleries occidentales à Yaoundé.la pré-campagne dans
laquelle nous sommes engagés au RDPC et dans les autres formations politique ne
nous exonère pas de toute morale. Il y aura comme à chaque grand rendez-vous
électoral des dérapages et des polémiques. Mais ce qui compte pour les
camerounais. C’est la qualité du débat de fond sur les défis à relever, le parti au
pouvoir au-delà de la querelle du bilan a le devoir impérieux de proposer des
réponses au désenchantement, à la désillusion, au ras le bol d’une partie de ses
militants et au-delà de certains de nos compatriotes. La prise en compte des
revendications justes est une exigence démocratique au Rdpc, tout le monde devra
en être conscient. Nous savons tous que la confiance se construit. La pré-campagne
actuelle est une occasion sans verser dans la démagogie des promesses fallacieuses,
de s’investir dans une campagne de vérité. Nous préférons observer que prédire.
Nous constatons cependant que grâce à la maturité du peuple camerounais le pire
n’est pas toujours. Dans ce champ de mine, le Rdpc part en campagne avec des
atouts et des handicaps :

  • le premier atout tient à la faiblesse et l’égarement qu’une opposition qui va
    tenter dans les prochains désistements pour une candidature consensuel,
    sans projet commun ;
  • le second atout est le sectarisme rigide affiché par certains candidats qui
    effraient les camerounais ;

  • le troisième atout est notre enthousiasme idéologique pour les valeurs qui
    fondent la république : la paix, l’unité et le vivre ensemble dans notre patrie
    qui est un patrimoine commun.
    En ce qui concerne les handicaps :
  • Le handicap majeur est que l’espoir économique dans une conjoncture
    mondiale difficile parait volatile, dans un contexte où la corruption menace
    l’édifice Cameroun d’effondrement. Nous ne sommes pas à fin de la crise ;
  • des grandes réformes envisagées sont aujourd’hui en panne ;
  • l’ascenseur social qui a permis à bien des élites aux affaires d’émerger dans la
    société camerounaise a cessé de fonctionner, une partie de la jeunesse qui
    croyait au mérite est désabusée.
    A ces handicaps on peut ajouter les méfaits de la mauvaise gouvernance.
    En cette période de pré-campagne, reconquérir une partie de la jeunesse est
    une construction indispensable y compris dans des territoires traditionnellement
    acquis au Rdpc. Le parti au pouvoir depuis de nombreuses années, dans sa vision
    essaye de dégager la route pour la jeunesse, mais n’a toujours pas réussi à la tracer.
    C’est de son devoir d’éclairer l’époque, prévenir les risques. En effet par des
    stratagèmes, la ruse, l’attrape paumés, certains activistes politiques tapis derrière
    l’écran de leur ordinateur, ignorant les réalités du terrain, par un coup de baguette
    magique promettant à la jeunesse un « El Dorado » après le vote. Cette attitude en
    plus d’être condamnable est criminelle, eut égard aux ravages provoqués par la
    pauvreté et la misère. Nous devons refuser de capituler intellectuellement à de tels
    mensonges. Le risque de voir s’installer de nouvelles frustrations est réel. La pré-
    campagne est une occasion d’attirer l’attention de la jeunesse sur les dangers de cet
    embrigadement. Nous devons néanmoins, avec plus de volontarisme et d’ambition,
    redonner con fiance à une jeunesse hélas souvent déboussolée.


Une partie des candidats déclarée de l’opposition, tente de fasciner, ensorceler,
envoûter des milliers de jeunes vers un destin funeste à des fins électoralistes. Il ne
fait l’ombre d’aucun doute que pour gagner la présidentielle d’octobre 2025, le
Rdpc devra envoyer un signal fort à l’électorat jeune. Il faudra un renouvellement
de sa vision stratégique. La décentralisation avec des élus engagés est un atout. Pour
le moment des jeunes militants actifs loyaux ne dissimulent plus leur trouble. Une
partie de l’opposition préfère la permissivité à la stabilité sociale le décalage entre
les idées qu’on énonce et les actes que l’on met en perspective est inquiétant. Les
agitateurs de haine sont légions dans l’espace numérique. Il y a une réelle difficulté à
développer un débat loyal, loin d’une polémique malhonnête à coups d’arguments
dramatiquement biaisés. L’avant campagne actuelle nous conforte dans l’idée qu’au
Cameroun, la politique doit cesser d’être une sorte de « Fight club » où tous les
coups sont donnés et reçus. Les camerounais veulent un Etat fort mais pas en état
centralisateur. Le RDPC a le diagnostic juste de la situation du pays et a le
responsabilité et le devoir de proposer des solutions. Mais avant tout, recréer une
atmosphère de confiance des gouvernés envers les gouvernants en s’éloignant des
postures arrogantes que l’on observe hélas souvent. La tache est rude. Les citoyens
sont de plus en plus dans la défiance vis-à-vis des politiques. Pour redonner
confiance aux camerounais, la nécessité de voir les institutions étatiques
fonctionner efficacement sans personnalisation du pouvoir est une aspiration des
gouvernés. La pré-campagne est une occasion de rappeler les vertus d’un état fort
dans le domaine régalien. Nos institutions sont à l’image de notre société avec des
besoins de transformation. Les réquisitions du Procureur Général à l’audience
solennelle de rentrée de la Cour Suprême en février ont eu un écho favorable chez
les citoyens. Il pourrait se résumer en une phrase : « le respect du droit et non le
droit de force ».
La pré-campagne du RDPC ne devra pas faire économie des mesures à prendre afin
de redorer le blason de notre système judiciaire. La justice, pilier de nos institutions
doit être respectée. Mais les camerounais attendent aussi un état protecteur des
libertés publiques et individuelles, plutôt qu’une technocratie liberticide et
corrompue aux ordres d’une pseudo-élite. Le Cameroun dispose d’un vivier de
magistrats compétents, dévoués au service de l’Etat. Ce serait agréable que le RDPC
n’envisage pas des propositions susceptibles d’améliorer notre système judiciaire.
Les militants du RDPC sont majoritairement conscients des défis à relever et
appellent massivement à la promotion et surtout à l’accélération dans nos régions
de l’inclusion dans nos politiques publiques. Un des piliers de la lutte contre la
pauvreté est de favoriser les populations les plus fragiles à accéder au service de
base de qualité : l’accès égal aux services publics est un enjeu important pour des
populations qui se sentent marginalisées. Les militants et sympathisants du RDPC
vivant en milieu rural, appellent de tout cœur à la transformation de notre
agriculture, la pré-campagne des élections présidentielles est une occasion idoine
pour mettre un accent sur l’opérationnalisation des choix et leur vulgarisation
auprès des agriculteurs. Le Gouvernement sous le leadership du Président Paul Biya
a jeté les bases de l’import-substitution. Les camerounais attendent des éclairages
sur les aspects judicieux de cette option. Des budgets très importants sont
consentis dans les secteurs sociaux notamment l’éducation et la santé. Des progrès
énoncés ont été réalisés. Il reste cependant des chantiers à ouvrir, des innovations à
intégrer, des éducateurs et médecins à rassurer.
Les événements récents de Batouri dans le département de la Kadey sont la preuve
que l’amélioration de la transparence dans la gouvernance des ressources naturelles
est une attente pressante pour les populations vivant en région minière. Le
Cameroun, notre patrie est notre patrimoine collectif. Un bien que nous ont légué
les pères fondateurs de notre pays, comme le déclare un imminent chercheur de
sciences morale et politique « rien ne se fait sans les homes, rien ne dure sans les
institutions » au-delà des grandes qualités des camerounais, nous devons préserver
le socle de notre patrie qui est un état fort, fondé sur des valeurs inaliénables.
Réaffirmer le rôle et l’importance de l’état de droit qui, ces derniers temps à donner
des signes d’essoufflement est un enjeu pour l’avenir de tous. Restaurer l’autorité de
l’état est un vaste chantier à aborder avec lucidité, pragmatisme, intelligence sans à
priori.
Conclusion
La pré-campagne actuelle est l’occasion pour le RDPC de décliner sa vision et son
programme au plus près des populations. Nous devons débattre entre électeurs afin
de préparer la prochaine élection présidentielle. Dans cette exercice politique
périlleux le parti au pouvoir devra s’atteler à éviter de créer une atmosphère
d’agitation, de confrontation voir d’exclusion. Nous ne serons audibles que si le
projet politique est bien expliqué, replacé dans le contexte actuel du pays. Les pré-
supposés simplistes et la querelle du bilan ne devra entraver en rien notre
détermination à échapper aux idéologies négatives de certains concurrents. Notre
lucidité dans l’offre des réformes intelligentes nous permettra de produire des idées
répondant aux aspirations de nos concitoyens.
L’objectif de la pré-campagne actuel est de faire tout le possible dans l’intérêt du
Cameroun sans faire miroiter des illusions à notre peuple mais lui éviter un funeste
destin que lui prédit l’opposition avec le regard bien veillant des spécialiste de
l’ingérence en Afrique. Dans cette séquence, seule doit compter la vérité et non la
fabrication d’une réalité. Ici contrairement aux autres nous sommes obligés d’être
de bonne foi et ne pas être obligé de déjeuner avec le diable en l’occurrence les
thèses de certains candidats que nous affronterons dans le plus grand respect des
valeurs républicaines et démocratiques. Ne laissons pas le champ libre à
l’exploitation passionnelle de vérités cachées les ambitions électoralistes reculent
devant rien.
Ancien député à l’Assemblée nationale du Cameroun

Par Jean Simon ONGOLA

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