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Législatives et municipales 2026: Kamto et Tchiroma appelés à unir l’opposition

Christian Ntimbane Bomo propose un Front républicain dirigé par les deux figures politiques pour empêcher une succession verrouillée après Paul Biya et sécuriser le processus électoral.

À quelques mois des élections législatives et municipales de 2026, le débat politique prend une tournure stratégique. Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du parti Héritage, a lancé un appel solennel à la création d’un Front républicain de l’opposition. Selon lui, cette coalition, dirigée par Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary, serait la seule capable de contrer une manœuvre institutionnelle visant à verrouiller la succession du président Paul Biya.« Jamais une élection n’aura été aussi déterminante pour l’avenir politique du Cameroun que celle annoncée cette année 2026 », affirme-t-il. Il redoute que la future Assemblée nationale, dominée par le Rdpc, ne modifie les conditions d’éligibilité à la présidentielle pour favoriser un dauphin désigné par le pouvoir en place. « Ce sont ces nouveaux députés qui vont sélectionner, à travers l’adoption de nouvelles conditions à remplir, les candidats à la prochaine présidentielle », prévient-il.

Christian Ntimbane Bomo met en garde contre une instrumentalisation du Parlement pour verrouiller l’alternance démocratique. Il évoque la possibilité d’une réforme constitutionnelle introduisant une limite d’âge à 60 ou 65 ans pour les candidats à la présidentielle, une mesure qui aurait été inapplicable à Paul Biya mais qui pourrait désormais écarter des figures majeures de l’opposition. Autre inquiétude soulevée: la restriction du nombre de partis habilités à investir des candidats à la présidentielle. « Cette Assemblée pourra aussi limiter le nombre de partis politiques habilités à investir les candidats, en y ajoutant simplement l’obligation de représentation concomitante dans les conseils régionaux, le Parlement et les conseils municipaux », alerte-t-il. Une telle disposition pourrait exclure de facto la majorité des partis d’opposition, faute de couverture territoriale suffisante.

Front républicain pour sécuriser le processus électoral

Face à ces menaces, Ntimbane Bomo propose une réponse politique forte: l’union de l’opposition autour d’un Front républicain. Il appelle à dépasser les clivages idéologiques et les rivalités historiques pour construire une majorité parlementaire capable de rééquilibrer les institutions. « Je fais la proposition de la nécessaire création d’un Front républicain de l’opposition, composé de nombreux partis, et conduit par les présidents Issa Tchiroma et Maurice Kamto », déclare-t-il.Ce front aurait pour mission prioritaire la sécurisation du processus électoral, notamment par l’adoption d’un code électoral consensuel ou de mesures garantissant la transparence. Il insiste sur le fait que cette démarche ne signifie pas l’abandon des revendications post-électorales liées à la présidentielle du 12 octobre 2025. « Si majoritaires à l’Assemblée nationale, les nouveaux députés de l’opposition pourront demander souverainement une enquête électorale sur les résultats de la dernière élection présidentielle », affirme-t-il.

Le contexte politique actuel, marqué par une crise post-électorale persistante et un pouvoir fragilisé, offre selon Ntimbane Bomo une opportunité historique. « Le pouvoir de Yaoundé est fragilisé, et sait pertinemment que tout pourra basculer s’il décide une fois de plus de passer en force », analyse-t-il. Il estime que l’opposition peut capitaliser sur cette conjoncture pour mobiliser les électeurs et imposer une alternance démocratique.La proposition de Christian Ntimbane Bomo s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition de l’opposition camerounaise. Alors que le Rdpc reste dominant dans les institutions, les appels à l’unité se multiplient. Des analystes politiques comme Dr. Aristide Mono soulignent que « l’opposition camerounaise ne pourra peser que si elle dépasse ses divisions et construit une stratégie commune ». La création d’un Front républicain pourrait ainsi marquer un tournant décisif dans la lutte pour la démocratisation du pays.

Michel NONGA

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