
Entre l’achat du pain et des denrées de premières nécessités, certains ménages qui redoutent le climat social au lendemain de l’élection, n’ont pas manqué de se ravitailler à la veille du vote.
« Le pain es fini. Veuillez patienter car les autres sont encore au four », retorque une employée d’une boulangerie de place aux multiples clients placés devant elle ce 11 octobre.
À l’inverse de ceux qui patientent encore, d’autres à l’instar de Jean Marc F ont été enfin servis après une longue attente. « Cela fait environ 2h que j’attends et je viens de récupérer ma commande de 20 pains qui m’a coûté 4200Fcfa en raison de 200Fcfa la baguette et 200Fcfa l’emballage », a déclaré le jeune homme au comptoir d’une autre boulangerie située à Yaoundé 4 au lieu-dit « Emombo 2ème ».
En effet, depuis l’annonce de la fermeture des marchés et supermarchés pour la journée du dimanche 12 octobre 2025 à l’occasion du scrutin électoral par le ministre, nombreux sont ces Camerounais et Camerounaises qui ont décidé de ravitailler leurs domiciles de vivres frais et des produits de premières nécessités.
C’est le cas de la famille Fouda où maman Thérèse vient de commissionner sa fille au marché d’Essos situé dans l’arrondissement de Yaoundé 5 avec une longue liste évaluée à près de 30 000Fcfa.
« Murielle doit acheter un poulet (cher et pondeuse), du poisson frais et celui sec, de la tomate malgré soit actuellement chère, des condiments verts, des épices, du savon en morceau, du détergent, de l’huile (raffinée et palme), du riz, de la patate douce, du gombo, du maïs qu’elle devra ensuite nettoyer et écrasé, des arachides, du plantain et du manioc) », a listé maman Thérèse assise sur sa véranda.
Bien que Murielle soit au marché, cette maman de 7 enfants n’hésite pas également à envoyer Raphael, un autre de ses fils pour l’achat du pain. « Il devra acheter à son tour 15 pains, deux alvéoles d’œufs, du lait en poudre et écrémé, du sucre et des médicaments tel que du paracétamol, des déparasitants et des antipaludéens », poursuit-elle.
Des remous à l’horizon
À quelques mètres du domicile de la famille Fouda situé au quartier Madison, l’un des quartiers que compte l’arrondissement de Yaoundé 4, la famille Aba’a vient de rentrer d’un supermarché de la place où elle s’est ravitaillée en gros.
« Nous avons acheté un sac de riz de 50 kg, deux cartons de pâtes alimentaires, des seaux à tartiner, des viennoiseries, un bidon d’huile et des aliments tels que du poulet, poisson, des fruits et sans oublier du pain, des beignets et des gâteaux », révèle Hermine, la femme de la maison.
Bien que certains domiciles accourent dans les marchés et supermarchés, d’autres se contentent de se nourrir au jour le jour.
La vérité, c’est que le scrutin s’est tenu dans un contexte de crises multiples. Des perturbations dans les zones de conflit, notamment dans les régions anglophones, où les forces gouvernementales affrontent des milices séparatistes, et dans l’Extrême-Nord, théâtre d’attaques jihadistes de plus en plus nombreuses. Les tensions ethno-politiques et le mécontentement de la jeunesse pourraient également déclencher des troubles. Dans ce climat qui ne rassure déjà pas, les Camerounais redoutent des remous et des manifestations post-électorales portées par des candidats de l’opposition qui seraient prêts à tout pour revendiquer leur « victoire ».
Phanie ENYEGUE



