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Lettre de soutien à Olivier Bibou Nissack: Par Christian DJOKO*

Cher Olivier,

C’est au cœur d’une énième nuit sans électricité ni eau courante à Douala que j’écris ces quelques mots. Des mots qui, je l’espère, traverseront les épais murs de ta cellule et trouveront un écho chaleureux malgré les circonstances difficiles qui t’entourent.

Les méandres de la vie nous ont conduits à faire un bout de chemin ensemble. Le souvenir de nos années lycée résonne encore dans mon esprit, comme une douce mélodie dans le tumulte de la vie. Je revois nos visages juvéniles, remplis d’espoir et d’ambition, arpentant les couloirs du lycée de Nkol-Éton, partageant rêves et ambitions. Déjà, à l’époque, tu te distinguais par ton courage et ton esprit frondeur.

Le 22 septembre 2020

Les chemins que nous avons parcourus depuis nos jours d’écoliers ont pris des tournures inattendues. Ta passion et ton engagement envers la démocratie et la justice sociale t’ont guidé vers un rôle crucial au sein du MRC, le principal parti d’opposition au Cameroun. Cependant, le prix de cette lutte honorable a été lourd à porter. Depuis le 22 septembre 2020, tu es derrière les barreaux froids d’un régime cynique, malfaisant et autoritaire. Les marches organisées par le MRC lors de cette journée ont été une manifestation puissante de la volonté du peuple, mais elles ont également mis en lumière la perversion d’un système qui broie ses propres enfants, ceux et celles qui osent clamer leur soif de changement, de justice, de paix et de liberté.

Le 22 septembre 2020, une date gravée dans la mémoire collective comme un cri de liberté étouffé par la force brutale. Les forces de l’ordre, instruments d’un pouvoir injuste, ont emporté un homme qui lutte pour un avenir meilleur.

Ta condamnation à sept ans de prison à l’issue d’une parodie de justice est une insulte à la signification véritable de la justice. Ton incarcération est une injustice criante, une plaie béante sur le visage de notre nation. C’est un rappel cruel des défis auxquels sont confrontés ceux et celles qui se dressent courageusement contre l’oppression. Mais, cher Olivier, je sais que même derrière les barreaux, ton esprit demeure indomptable. Le silence assourdissant de ta cellule ne parvient pas à étouffer l’écho de ton courage. Je te vois, Olivier, debout dans le box des accusé(e)s, la tête haute, l’esprit vif, le regard fier et altier, défiant l’injustice et l’arbitraire.

Le sens de ton sacrifice

Comme le disait en son temps Mandela, « La prison est une situation dans laquelle personne ne souhaite se trouver, mais il y a des circonstances où il est moralement nécessaire de désobéir à des lois injustes. »

Ton refus de plier l’échine face aux injustices protéiformes du régime quaternaire témoigne de ta détermination à lutter pour une cause juste, à risquer tout pour la libération du peuple camerounais du joug de la répression, de l’autoritarisme, de la corruption, du népotisme, de la concupiscence, du tribalisme et j’en passe. Ton emprisonnement ne peut emprisonner les idéaux de liberté et de justice que tu défends avec tant de ferveur. Nous croyons en toi, Olivier, en ta force, en la justesse de ta cause, en cette lumière indomptable qui jaillit de ton engagement. Le combat que tu portes est bien plus qu’une revendication politique : c’est un cri pour la justice, un appel à la dignité, une quête de liberté qui transcende les frontières, les clivages, les appartenances. En toi s’incarne cette résistance lucide et courageuse que nul cachot ne peut étouffer. La flamme que tu nourris ne faiblit pas ; elle inspire, elle éclaire, elle fédère tous ceux qui, à travers le pays et au-delà, refusent de se résigner face à l’injustice.

Ton combat est notre combat

Au moment même où les réseaux sociaux résonnent de sombres rumeurs laissant craindre pour ta vie et celle de tes proches, sois assuré, cher Olivier, que tu n’es ni seul, ni oublié. Dans la pénombre de ta cellule, au creux du silence que le pouvoir croit imposer, ta voix demeure la nôtre. Ton combat est porté par des milliers de consciences éveillées – il est aussi notre combat, notre espoir, notre exigence de justice.

Depuis les geôles obscures où l’injustice t’a jeté, tu incarnes la flamme inoxydable de la liberté, le souffle indompté de la résistance. Tu es un symbole de la résistance face à l’oppression, un phare dans la nuit de l’injustice. Ton dévouement à la cause du changement, même au prix de ta liberté, est un exemple éclatant pour nous tous.tes. Ton combat, noble et juste, résonne au-delà des murs de ta prison, et ton cri de liberté se propage comme une traînée de poudre dans l’âme du peuple Camerounais(es). Ton sacrifice irrigue la terre fertile de la résistance, et chaque jour passé en « Ngata » nourrit les graines du changement qui germeront inévitablement. Ta force et ta résilience face à l’adversité sont des sources d’inspiration pour nous tous.tes. Ton courage et ta détermination face à l’oppression inspirent et galvanisent les cœurs de milliers de Camerounais(es) qui aspirent à un Cameroun libre et démocratique.

Que cette lettre te parvienne comme une bouffée d’air frais, comme une manifestation de solidarité, comme une affirmation de notre engagement à tes côtés. Puisses-tu trouver la force nécessaire pour traverser ces jours difficiles, sachant que tu n’es pas seul dans cette bataille.

Un jour, nous nous retrouverons

Un jour, les portes de ta prison s’ouvriront et tu retrouveras la liberté que tu mérites tant. Le jour viendra où les murs de ta prison tomberont, où le peuple camerounais se libérera de ce régime tyrannique.

En attendant ce jour béni, ce jour de libération tant attendue, reçois, cher Olivier, mes pensées les plus fraternelles et mon soutien indéfectible. Que la force et la lumière t’habitent durant cette épreuve.

Amitiés.

*PhD

Universitaire (Canada)

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