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L’Invité Dr Mohamadou Dewa: « Pour une véritable décentralisation, que l’Etat tienne à sa parole »

Au service du développement !

À l’issue de son mandat à la tête du Conseil régional de l’Adamaoua, le président de cet organe élu sous la bannière de l’Undp, présente un bilan marqué par des réalisations concrètes notamment dans le secteur des travaux publics. Tenez, en termes d’investissement, le Conseil régional a injecté 2 milliards 925 millions de Fcfa dans les infrastructures routières : 570 millions dans le Djerem, 458 millions dans le Faro et Déo, 530 millions dans le Mayo Banyo, 655 millions dans le Mbéré et 710 millions dans la Vina. Suffisant pour comprendre que Dr Mohamadou Dewa revendique une posture de responsabilité et d’efficacité. Élu par l’ensemble des conseillers régionaux, il se démarque de ses homologues qu’il qualifie de « désignés par les instances de leur parti ». Il insiste sur la philosophie de l’Undp, « servir la population avec des résultats concrets et rendre compte à cette population. » Sa gestion rigoureuse lui vaut la confiance du Feicom qui accorde chaque année un milliard de Fcfa à la région.  Malgré les avancées, le président du Conseil régional exprime une frustration face au faible niveau de transfert des ressources de l’État.Lui quiestime que si les 15% du budget de l’État prévus par la loi avaient été transférés, les réalisations auraient quadruplé. C’est pourquoi ilplaide pour une véritable décentralisation articulée autour du transfert effectif des ressources humaines et financières. Lisez plutôt !

Après cinq ans, quel bilan retenir du Conseil régional de l’Adamaoua notamment dans le secteur des travaux publics ?

Merci pour cette question qui me permet de brosser de manière non exhaustive notre modeste bilan articulé autour de l’amélioration du cadre et des conditions de vie de nos populations. Nous avons entre autres alloué 1 milliard de Fcfa pour l’achat des engins de génie civil ; acheter les porte chars, les bulldozers, les bennes, les compacteurs… Bref, tous les engins nécessaires pour les grands travaux. Notre objectif étant de désenclaver la région de l’Adamaoua, en créant et assurant la viabilité des routes qui desservent les bassins de production agricole. Mieux, nous avons fait le constat selon lequel aucun chef-lieu de département n’est relié à Ngaoundéré, chef-lieu régional par une route viable, à l’exception de la ville de Meiganga qui bénéficie du passage de la Route nationale N°1. Ces engins qui sont mis à la disposition des maires et des communes, sont toujours sollicités dans la réhabilitation des routes communales. Nous avons aussi acheté deux ateliers de forage qui seront opérationnels bientôt, pour la construction des forages dans tous les établissements et formations sanitaires de toute la région.

Dites-nous ce que vous avez concrètement fait pour désenclaver la région ?

Je vais d’abord vous rappeler que cela fait partie de nos priorités, parce que convaincu par le vieil adage qui dit que : « là où la route passe, le développement suit ». A cet effet, nous avons multiplié des actions sur le terrain en faveur du désenclavement. Nous avons réhabilité la route Nyamboya-Koulchoum-Atta qui n’avait pas connu une réfection depuis 30 ans. Conséquence heureuse, les populations dans ces localités nous disent que le prix du transport entre les différentes localités a chuté. C’était cela notre vœu. Par ailleurs ; nous avons réfectionné la route Banyo-Bouchounkoura-Kanyaka jusqu’à la frontière avec le Nigéria. Un autre tronçon qui n’a pas été réfectionné depuis 50 ans. Avant, les seuls véhicules qui circulaient sur cette route c’étaient les engins à deux roues, mais depuis sa réhabilitation, les voitures empruntent déjà cet axe, au grand bonheur des populations. Ce qui fluidifie les échanges avec le Nigéria voisin. Dans la foulée, nous avons aussi réhabilité la route Tibati-Mbakaou avec la construction d’un ouvrage d’art. Cette route vient densifier les activités entre Mbakaou et Tibati. Vous êtes sans ignorer que la localité de Mbakaou est une zone de pêche avec son barrage. Le poisson de Mbakaou est vendu dans toute la région et au-delà.

Monsieur le président du Conseil régional, est-ce que bitumer des routes suffit à tout ?

Je suis d’avis avec vous que cela ne suffit pas ; mais les opportunités que ces routes bitumées offrent aux localités concernées, ne sont plus à démontrer. C’est un éventail d’opportunités. Tenez par exemple, nous envisageons aussi transporter l’énergie produite dans le barrage de Mbakaou dans les départements du Faro et Déo et dans le Mayo Banyo, car tout le département du Djerem ne consomme même pas le tiers de l’énergie produit par le barrage de Mbakaou. Nous sommes en train de construire un pont sur le Lom dans le département du Mbéré, et un autre sur la rivière de Mayo Dankali dans l’arrondissement de Galim-Tignere, dans la Vina sur la rivière Mayo Anam sur le tronçon Martap-Minim-Doualayel. Voilà de manière concrète, ce que nous avons réalisé dans le secteur routier.

Quid des réalisations concernant l’enveloppe financière ?

Dans le Djerem, nous avons investi 570 millions de Fcfa pour réhabiliter les routes et construire les ouvrages d’art. Dans le département du Faro et Déo, nous sommes à 458 millions de Fcfa, dans le Mayo Banyo, nous sommes à 530 millions, dans le Mbéré, 655 millions de Fcfa, et dans la Vina, à 710 millions. Dans le secteur de la route, nous avons investis durant notre mandat 2 milliards 925 millions. Ce qui n’est pas un bilan négligeable puisque l’impact sur le développement et la modernisation de notre région qui nous est chère.

Comment se gère le parc de génie civil que dispose le Conseil régional de l’Adamaoua ?

Nous avons créé l’Office régional de travaux publics. A travers une délibération, cet office est déjà opérationnel et se charge de la gestion des locations de nos engins par les communes. Ça tombe bien puisque le questeur de la région est un ingénieur de génie civil. C’est lui qui coordonne l’ensemble des activités de cet office. Il y’a des responsables du matériel, administratif et financier qui l’accompagnent dans cette tâche. Les tarifs journaliers pour la location de nos engins ont été fixés par une délibération des conseillers régionaux. Le technicien de l’Etat qui est le Matgénie, nous a aidé dans cette tâche pour fixer le coût.

Vous êtes le seul président du Conseil régional appartenant à l’opposition, celui qui semble aussi être bien ménagé par le gouvernement. Lorsque vous vous retrouvez avec vos collègues des autres régions, comment vous vous sentez ?

J’ai un sentiment de fierté par ce que je pose des actes avec autorité. Je suis un président dont les populations attendent des comptes, et je dois rendre compte. Par contre, eux, ils ont été désignés par les instances de leur parti. Moi je suis élu, et ce statut me donne plus d’envie de servir ma population, alors qu’eux, ils sont arrivés par cooptation et copinage. Ils sont liés pieds et mains, parce qu’ils doivent satisfaire toujours ceux qui les ont mis à la place où ils sont. Je voudrai souligner que j’ai été élu par les tous les conseillers régionaux des partis politiques présents dans l’Adamaoua. La philosophie de l’Undp c’est servir la population avec des résultats concrets et rendre compte à cette population. Au niveau du Feicom, chaque année nous bénéficions d’un milliard de Fcfa, ce que les autres ne parviennent pas. Les responsables du Feicom par exemple ont des objectifs à atteindre. Ils n’attendent que de bons projets et maturés, qui sont financièrement viables pour donner un visa favorable. Il y’a ceux de mes collègues qui ne soumissionnent même pas au niveau du Feicom parce qu’ils se targuent d’être du Rdpc.

Comment voulez-vous qu’ils aient des financements pour réaliser des projets en faveur de la population ?

Nous avons la même possibilité de bénéficier des financements, sauf certains ne font rien pour en bénéficier. En 2025, nous avons revu notre budget de fonctionnement à 26%, ce qui n’est faisable nulle part. C’est une question de volonté et d’engagement au service du peuple. Nous vous promettons de nous donner à fond pour cette République ; nous allons la changer par notre vision politique au sein de l’Undp. Le plus important c’est que le peuple nous accompagne dans cette démarche salutaire.

Dites-nous, comment était la cohabitation entre les conseillers régionaux du Rdpc et de l’Undp?

C’était une parfaite collaboration, parce que nous avons réussi à créer une ambiance bon enfant et de travail. Lorsque nous sommes dans les sessions du conseil, c’est d’abord le travail pour l’intérêt de la population.

Au regard de tout le bilan très élogieux que vous venez de passer en revue durant les années que vous passé à la tête du Conseil régional, avez-vous le sentiment d’avoir atteint vos objectifs ?

Nous ne sommes pas totalement satisfaits, car les objectifs que nous nous sommes fixés en début de mandat ne sont pas atteints. Nous avons reçu 25% des ressources financières que nous attendions de l’Etat. Imaginez si le CRA avait reçu le montant fixé par la loi, nous aurions fait quatre fois plus ce que nous avons réalisé. Nous avons fait ce que nous pouvions avec les moyens financiers que l’Etat a mis à notre disposition, les populations sont contentes, mais nous avons un goût d’une tâche inachevée. Si nous avions eu les moyens, nous aurions le sentiment de satisfaction, car nous aurions atteint nos objectifs. Nous plaidons pour que l’Etat nous transfère les 15% de son budget tel que prévu dans les textes, pour que le Conseil régional puisse véritablement être une institution donc les actions impactent sur la vie des citoyens. Nous plaidons pour une véritable décentralisation avec le transfert des ressources humaines et financières aux conseils régionaux. Notre plaidoyer est que l’Etat tienne à sa parole.

Entretien avec Frank ESSOMBA

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