
Alors que la Coupe d’Afrique des Nations débute le 22 décembre au Maroc, le Comité d’urgence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), présidé par Samuel Eto’o, a officiellement mis fin aux fonctions du désormais ex sélectionneur. Une décision radicale intervenue après l’échec de qualification pour la Coupe du monde 2026, et qui repose sur un réquisitoire détaillé de onze manquements professionnels imputés au technicien belge.
Par ici la sortie ! L’annonce tombée hier lundi, 1er décembre, a l’effet d’une onde de choc. Surtout qu’elle arrive à trois semaines du début de la Can. Convoqué en urgence par son président Samuel Eto’o, le Comité d’urgence de la Fécafoot a prononcé le licenciement de Marc Brys, l’entraîneur-sélectionneur des Lions Indomptables, et ordonné un « réaménagement » complet du staff technique. Une décision qui sanctionne un mandat de sept mois marqués, selon le communiqué officiel, par une succession d’ « actes et propos irrévérencieux, tendancieux et d’insubordination » de la part du technicien belge. La Fécafoot accuse directement ce dernier d’avoir « largement contribué à la non-qualification » du Cameroun pour la phase finale de la Coupe du monde 2026. Le pays des quintuples champions d’Afrique, éliminé en barrages par la Rd Congo, ne figurera pas parmi les neuf représentants africains au tournoi nord-américain. Cette non-qualification représenterait un « manque à gagner à hauteur de 7 milliards Fcfa » pour la Fédération, selon l’ancien international camerounais Serge Branco.
Une liste accablante de griefs
La rupture entre Marc Brys et la Fécafoot n’est pas une surprise, mais le communiqué du Comité d’Urgence en détaille l’ampleur avec une précision inédite. Le document, qui s’appuie sur des textes de loi et les statuts de la Fédération, dresse une liste de onze manquements professionnels « dont la récidive est avérée ». Au cœur des accusations, un refus systématique de collaborer avec l’institution. La Fécafoot reproche à Brys d’avoir refusé d’assister à des séances de travail, de ne pas avoir communiqué ses programmes d’entraînement ni les rapports post-match, et de s’être soustrait à des convocations. La communication a constitué un autre point de friction majeur. Le sélectionneur est accusé d’avoir publié des listes de joueurs et tenu des conférences de presse sans autorisation préalable, au mépris des procédures établies.
Pire, selon le communiqué, Brys aurait procédé à un « détournement des joueurs » en les incitant à la défiance vis-à-vis de la Fédération. Sur le plan sportif, la Fécafoot pointe sa « méconnaissance » de l’encadrement officiel des Lions et une collaboration avec des personnes « inconnues » de l’institution. Ces griefs, ajoutés aux mauvais résultats en éliminatoires du Mondial, ont conduit le Comité d’Urgence à constater que les performances et l’image des Lions Indomptables avaient été « manifestement perturbées ».
David Pagou, le nouveau Guide
L’urgence est maintenant totale pour les Lions Indomptables. Le successeur de Marc Brys, dont le nom n’est pas précisé dans le communiqué mais qui serait, selon la brève jointe, l’entraîneur camerounais David Pagou, devra composer une équipe compétitive en un temps record. Son premier défi sera le match d’ouverture de la Can 2025 contre la Guinée, le 22 décembre. La tâche est herculéenne : unifier un groupe dans un climat délétère, instaurer une tactique claire et retrouver une confiance érodée par des mois de conflits et un échec historique. Pour les supporters camerounais, ce coup de théâtre à quelques jours d’une grande compétition rappelle de douloureux souvenirs d’instabilité. Il place également la Fécafoot et Samuel Eto’o sous le feu des projecteurs : après avoir assumé une rupture aussi brutale, ils seront les premiers jugés sur les résultats qui suivront. Le pari est risqué, et la Can 2025 servira immédiatement de baromètre pour mesurer les conséquences de cette décision sans appel.
Moustapha BACHIROU



