
Dans la nuit du 15 novembre, face à l’Australien Jack Della Maddalena, détenteur du titre des welters, le combattant originaire du Daghestan n’a laissé aucune chance à son adversaire, lui infligeant un 50‑45 net aux trois cartes et devenant ainsi champion dans une seconde catégorie.
Le contexte avant l’affrontement était déjà lourd de promesses. Makhachev avait quitté en début d’année sa ceinture des légers (‑70 kg) pour tenter son pari dans la catégorie des welters (‑77 kg), déterminé à inscrire son nom dans l’histoire. Face à lui, Della Maddalena, jeune champion australien, était à la veille de sa première défense — un adversaire lourd, explosif, réputé pour ses coups précis. Dès les premières minutes, Makhachev a imposé sa loi. Très vite, il a ciblé le mollet de Della Maddalena à coups de kicks, réduisant progressivement ses appuis. En parallèle, il a utilisé sa lutte et sa mise au sol pour dominer les phases au sol, asphyxiant toute velléité d’attaque australienne. Résultat : cinq rounds complets d’un contrôle méthodique et sans faille.
Le verdict est sans appel : 50‑45, 50‑45, 50‑45 en faveur de Makhachev. Il entre ainsi dans le cercle très sélect des doubles champions de l’UFC — onze hommes ou femmes seulement ont accompli cet exploit. Par ailleurs, il égale à l’occasion le record de 16 victoires consécutives dans l’organisation (record détenu par Anderson Silva) : un symbole fort de sa domination actuelle.
Grapping inefficace
Della Maddalena, quant à lui, n’en mène plus large. Sa trajectoire ascendante est stoppée nette : battu sans discussion, il perd son invincibilité et se retrouve face à la question d’un retour à haut niveau. Il avait pourtant dominé l’entrée dans l’octogone depuis sa signature à l’UFC. La soirée a été marquée par d’autres performances retentissantes. En co‑main event, Valentina Shevchenko, déjà championne des poids mouches, a repoussé la tentative de double couronne de Zhang Weili (venue de la catégorie paille) en remportant chaque round. Parmi les combats d’ouverture, c’est aussi le Français Benoît Saint Denis qui s’est distingué : en 16 secondes, il a asséné un KO foudroyant à Beneil Dariush, laissant la salle sans voix.
Pour Makhachev, la mission est en partie accomplie. Il a dit : « C’est mon rêve, toute ma vie je voulais ça. » Mais déjà, il propose la suite : sa première défense pourrait se dérouler… à la Maison‑Blanche, symbole avant‑garde de son ambition sans limite. Au-delà de la performance individuelle, l’enjeu est historique. En gravissant cette marche vers un second titre, Makhachev dépasse le maître, Khabib Nurmagomedov, qui n’avait pas tenté cette ascension. Son style — combinaisons simples, prises au sol, une pression continue — fonctionne avec une froide efficacité. Les experts parlent d’un combat presque « ennuyeux » tant la maîtrise était totale. Pour Della Maddalena, l’heure est à la remise en question. Il arrivait invaincu sous l’égide de l’Ufc, mais fait face à un mur. Son chrono sera inscrit dans les annales comme le moment où son règne a pris fin. Il devra rebâtir, s’adapter, ou redéfinir sa trajectoire.
MB



