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Mandjou/Est: Le lourd tribut des manifestations post-électorales

Cette localité située à l’entrée Nord de la ville de Bertoua, porte encore les stigmates fumants de la colère populaire.

L’ampleur des dégâts est sidérante. A l’hôtel de ville, premier édifice public à avoir subi la fureur des manifestants, il ne reste plus que des murs noircis et éventrés, des amas de ferrailles et des poutres calcinées. Dès le rez-de-chaussée de l’immeuble R+1, l’air est encore lourd de fumée. Ici, aucun bureau n’a été épargné par les flammes. Les portes ont été arrachées, les fenêtres aux vitres brisées. Les archives administratives datant de 1968, le mobilier, les équipements de bureau, le matériel roulant dont deux motos neuves, tout a été réduit en cendres. La résidence du Maire et de son adjoint ont connu le même sort. La violence des assaillants qui réclamaient haut et fort la victoire de leur candidat, Issa Tchiroma Bakary, président national du Front du salut national du Cameroun (Fsnc), ne s’est pas limitée là. Elle s’est propagée comme une traînée de poudre vers d’autres structures représentant l’autorité de l’État.

C’est le cas du Commissariat de sécurité publique qui a été saccagé et incendié. Les assaillants ont pris la peine de libéré les personnes en garde à vue et volé les motos qui étaient en fourrière. Sous le feu de l’action, la gardienne de la paix de 1er grade, Tatiana Eglantine Nyamouth, actuellement sous soins intensifs au Centre hospitalier de référence de Bertoua, a été lapidée par les manifestants en furie. A quelques mètres du Commissariat de police, l’antenne communale d’Elections Cameroon (Elecam), symbole du processus électoral contesté a aussi été réduite en cendres. L’Inspection d’arrondissement de l’Éducation de base et la Sous-préfecture ont également été la cible des incendiaires, paralysant ainsi ces services publics. Même la demeure du Sous-préfet n’a pas été épargnée. La façade a été caillassée, et le véhicule de fonction de l’autorité administrative stationné dans la cour, vandalisé.

Descente ministérielle

C’est sur ce champ de ruines que sont descendus, les 15 et 16 novembre 2025, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, et le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Anderson LE, élite de l’Est. Accompagnés des autorités administratives et sécuritaires locales, ils ont parcouru les décombres, recueilli les témoignages des victimes tout en évaluant les préjudices.  Face à la presse, les deux membres du gouvernement ont vivement condamné la destruction criminelle des édifices publics et des biens privés à Mandjou et Bertoua, en appelant à la responsabilité collective.

Ange-Gabriel OLINGA BENG

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