
Le verdict est tombé hier, 3 février 2026 au Tribunal de grande instance d’Ekounou à Yaoundé. Suite à cette libération, le journaliste et son avocat livrent leurs impressions à Le Messager.
Brand Kamga déclare qu’il est partagé à l’heure du verdict. Content d’abord parce que le droit a été dit dans une sombre affaire digne de Franz Kafka. Ensuite, il est peiné par le sort de nombreux détenus dans des conditions exécrables, abandonnés à eux-mêmes. Il confie son trouble à la vue permanente des hommes vivant au quotidien dans le dénuement total. Pire encore, il pense sans cesse à ces nombreux citoyens qui sont arrêtés et jetés en prison comme il en est allé du personnage de Joseph K. dans Le Procès de Franz Kafka. Tout de même, avoue-t-il, c’est une source qui va irriguer son investigation journalistique dans les jours à venir.
Quant à Me Hippolyte Meli, avocat de la défense, la satisfaction est de mise. « Oui nous avons pu obtenir sa mise en liberté d’office en attendant que le ministère public et la partie civile qui se plaint, soient prêts avec leurs preuves de l’accusation de « tentative d’enlèvement d’enfant mineur » qui ont justifié les poursuites judiciaires par voie de flagrance », confié Me Hippolyte Meli à la sortie de l’audience. Il ajoute qu’il s’agit d’une victoire de la défense. Que c’est une victoire du droit. Une victoire de la liberté tout court sur les forces, les manœuvres souvent très efficaces qui plombent l’institution judiciaire. Il souligne par ailleurs que les dispositions de l’article 301 du Code de procédure pénale ont été appliquées à la lettre, et sans faiblesse par la jeune juge chargée de l’affaire.
Un climat d’influences multiformes généralisées
Pour autant précise-t-il, on peut regretter que cela intervient après deux semaines, un temps qui a permis au ministère Public de venir à l’audience de ce jour pour requérir ne pas être opposé à sa demande de mise en liberté d’office formulée le 21 janvier dernier à la première audience, à cause de sa demande de report de l’affaire pour présenter les faits et les preuves. Ce qu’il faut aussi retenir, soutient-il, c’est que malgré tout ce qu’on peut penser, il existe encore des juges qui font honneur à la justice et qui disent le droit et se couvrent avec la règle de droit. C’est encore préférable dans un climat d’influences multiformes généralisées. La règle de droit appliquée construit l’État de droit. « L’on peut enfin applaudir lorsque l’application de la règle de droit satisfait le sentiment d’humanité de la justice, teintant par voie de conséquence l’image du pays terni par des juges liberticides et inhumains », conclut Me Hippolyte Meli.
Léopold DASSI NDJIDJOU



