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Mise en œuvre de la Snd30: Le gouvernement présente le rapport d’évaluation à mi-parcours

Réuni le 12 décembre 2025 à Yaoundé, le Comité national de suivi-évaluation, présidé par le ministre Alamine Ousmane Mey, a fait le point sur les cinq premières années de la Stratégie, avant d’examiner les pistes pour mieux orienter la seconde moitié en faveur des jeunes et des femmes.

Le bilan intermédiaire de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (Snd30) révèle une expansion du Produit intérieur brut (Pib) positive mais bien en deçà des prévisions. Notamment, avec 0,3 % en 2020, 3,3 % en 2021, 3,7 % en 2022 et un ralentissement à 3,2 % en 2023. Une légère reprise a été observée en 2024 (3,5 %) et s’est poursuivie en 2025 (3,8 %), loin de l’objectif intermédiaire de 8,5 % fixé par la stratégie. Dans le même temps, les autorités estiment que la gestion macro-budgétaire reste globalement maîtrisée, avec un déficit public contenu à –1,4 % du Pib en 2025, malgré des vulnérabilités sur la liquidité de la dette et les soldes engagés non décaissés. La position extérieure du pays montre un déficit courant de la balance des paiements de –5,2 % du Pib en 2023, ramené à –2,8 % en 2025 grâce à un rééquilibrage progressif. Le financement de l’économie reste faible, le crédit au secteur productif atteignant seulement 17,6 % du Pib contre une cible de 23,2 %. S’agissant du capital humain, le Cameroun a enregistré des progrès entre 2020 et 2025, avec un taux d’achèvement du primaire passant de 71,5 % à près de 84 %.

L’enseignement secondaire reste toutefois en retrait, avec un taux de scolarisation de 47,4 % pour une cible de 58 % et un taux d’achèvement de 44 %. L’offre d’enseignement supérieur s’est densifiée grâce à la création de plus de 220 établissements, dont trois nouvelles universités d’État (Bertoua, Garoua et Ebolowa) en 2022, assurant désormais au moins une université d’État par région. Sur le marché du travail, le sous-emploi a légèrement diminué de 61,4 % à 58 %, tandis que le chômage a augmenté de 8,7 % à 9,8 %, dépassant 21 % chez les diplômés du supérieur, la baisse du sous-emploi portant principalement sur des emplois à faible productivité.

Le système judiciaire pèse sur le climat des affaires

Dans le secteur de la santé, la mortalité maternelle est passée à 237 décès pour 100 000 naissances vivantes et la mortalité infanto-juvénile à 38 pour 1 000, traduisant des progrès, mais fragiles en raison du paludisme, du retard de croissance touchant 25 % des enfants et d’une densité médicale faible de 1,68 médecin pour 10 000 habitants. La part de la santé dans le budget national reste limitée à 5,5 %. Entre 2020 et 2024, plus de 2 040 km de routes bitumées ont été réalisés, incluant les autoroutes Yaoundé-Nsimalen, Yaoundé-Douala (Phase 1) et Kribi-Lolabé. La capacité électrique installée est passée de 1 516 MW en 2020 à 2 170 MW en 2025 grâce aux barrages de Lom-Pangar et de Natchigal, tandis que la deuxième phase du Port autonome de Kribi est en cours d’achèvement.

Sur le plan institutionnel, la décentralisation a été renforcée avec une augmentation du budget des collectivités locales, passant de 228,2 milliards à 303,5 milliards de Fcfa entre 2021 et 2025, tandis que le gouvernement a respecté son Programme économique et financier soutenu par le Fmi et la Banque mondiale et poursuivi les réformes des finances publiques. Cependant, le système judiciaire reste fragile avec un taux d’exécution des décisions de 40,8 % et une surpopulation carcérale supérieure à 180 %, pesant sur le climat des affaires. Les entreprises publiques représentent un risque macroéconomique majeur, avec des comptes souvent déficitaires et une perception élevée du risque pays confirmée par les agences de notation.

Axel ABANDA

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