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Municipales 2026: Le Fdc relance ses investitures dans les 360 communes

Le Front des démocrates camerounais (Fdc) remet l’ouvrage sur le métier. À l’approche des élections municipales et législatives attendues en 2026, le parti entend rester présent « aux grands rendez-vous de la vie nationale » et accélère sa mise en ordre de bataille.

Dans une publication datée du 5 janvier 2026 sur sa page Facebook, son président national, Denis Émilien Atangana, annonce le lancement d’un appel à candidatures ouvert à tout Camerounais âgé de 23 ans et plus, jouissant de ses droits civiques et désireux de briguer un mandat de conseiller municipal ou de député. « Le Front des démocrates camerounais (Fdc) vous ouvre ses Portes et vous accorde son investiture et soutient votre Candidature jusqu’à votre élection », écrit-il. Derrière cette ouverture, le Fdc affiche une stratégie de structuration territoriale : s’implanter de façon « solide » et opérationnelle dans les 360 communes du pays.

Le parti présente ce maillage comme un levier de visibilité locale, mais aussi comme une base pour bâtir des réseaux électoraux plus durables. L’objectif revendiqué dépasse le seul scrutin municipal : se positionner à l’échelle communale, puis viser, à terme, l’ensemble des niveaux électifs — du Sénat aux régions, avant l’Assemblée nationale et la présidence — au nom d’un « vrai changement démocratique et pacifique au Cameroun ».

Une relance sur fond de crise interne

Cette reprise de l’offensive électorale s’inscrit dans un contexte interne agité. Le Fdc sort d’une séquence de rupture avec Hiram Iyodi, investi par le parti pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Au lendemain du scrutin, Denis Émilien Atangana accuse son ancien candidat d’avoir rompu la discipline de l’alliance. En cause, selon lui : le non-respect de l’organigramme de campagne, une « confiscation de la direction », la mise à l’écart progressive du directeur de la communication du Fdc, le refus d’organiser de « véritables meetings » et une collaboration non concertée avec un autre parti, le MP3. Des médias ont relaté cette séquence de rupture et la place qu’y occuperait l’alliance évoquée avec le MP3.

Hiram Iyodi, de son côté, conteste ces griefs et charge la méthode. Il dénonce « les méthodes, le ton et les termes indignes » du président du Fdc, et estime que cette sortie publique « confirme la furie du président du Fdc qui, depuis plusieurs semaines, exerce une pression exacerbée pour pousser le candidat à se rallier au régime ». Denis Émilien Atangana, lui, conclut sur un registre de désillusion : « Nous avons fait confiance à un jeune candidat et nous avons été abusés. Nous avons été sincères, loyaux, mais lui a choisi une autre voie. Nous sommes profondément déçus. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. »

L’investiture comme outil de reconstruction

Au-delà de l’annonce, l’ouverture des investitures ressemble à un effort de reprise en main après un désaccord étalé sur la place publique. En misant sur des candidatures locales, le Fdc cherche à réaffirmer son autonomie, à remettre le parti au centre du jeu et à déplacer l’attention vers un terrain où les formations peu implantées à l’échelle nationale peuvent exister : la commune, le conseil municipal, le député de proximité. Dans la compétition politique camerounaise, c’est souvent à ce niveau que se fabriquent les relais, les notabilités, les comités — et la capacité à durer entre deux scrutins.

Mais cette stratégie comporte un risque évident : plus l’investiture est ouverte, plus elle peut attirer des candidatures opportunistes, des profils entrants sans loyauté durable, ou des ambitions locales susceptibles de raviver des tensions internes. L’enjeu, pour le Fdc, n’est donc pas seulement d’aligner des noms sur des listes, mais de garder la main sur la chaîne de décision — critères, arbitrages, discipline — afin que l’élargissement ne se transforme pas en source de contestations ou de fragilités lors de la validation des dossiers.

Source : SBB

Trois mois après l’épisode Iyodi, le parti relance pourtant une logique d’investiture large, y compris à destination des jeunes, pour tenter de convertir une ambition nationale en présence territoriale. L’équation est délicate : ouvrir grand pour exister dans le plus grand nombre de communes, tout en verrouillant suffisamment la sélection et l’encadrement pour éviter que l’ancrage local ne devienne une nouvelle zone de turbulence. La portée réelle de cette relance se jouera, au final, dans sa mise en œuvre : critères de sélection, mécanismes d’arbitrage, discipline interne et capacité à transformer une campagne d’investiture en organisation durable sur le terrain.

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