
Le plus jeune candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 réagit à la rupture avec le Fdc et réaffirme son engagement envers la souveraineté populaire
La scène politique camerounaise est en pleine effervescence depuis la conférence de presse tenue par le Front des démocrates camerounais (Fdc) le 13 octobre 2025. Moins de 24 heures après la clôture du scrutin présidentiel, le président du parti, Denis Emilien Atangana, a annoncé la fin de la collaboration avec Hiram Samuel Iyodi, candidat investi par le Fdc quelques mois plus tôt. Cette décision, qualifiée de « rupture de collaboration », a été accompagnée d’une reconnaissance publique de la victoire annoncée du président sortant, Paul Biya.
Dans un communiqué officiel publié le même jour, Hiram Samuel Iyodi a exprimé sa profonde désapprobation : « Je déplore profondément les méthodes, le ton et les termes indignes employés, au lendemain d’un scrutin historique, sans consultation ni respect des engagements. » Il accuse le président du Fdc d’avoir exercé « une pression exacerbée pour pousser le candidat à se rallier au régime », une proposition qu’il affirme avoir « refusé fermement ».
Iyodi rappelle que sa candidature, bien que portée initialement par le Fdc, s’inscrit depuis plusieurs mois dans « une dynamique plus large ». Il évoque « un projet patriotique et populaire, bâti aux côtés de citoyens engagés, de mouvements indépendants, de leaders communautaires et d’alliés politiques sincères ». Il salue notamment le travail des équipes du Mp3 et du Mdp, qui ont contribué activement à sa campagne malgré les nombreux obstacles.
« Ce projet dépasse les intérêts partisans. Il est porté par des milliers de bénévoles, de jeunes, de femmes, de professionnels, qui ont œuvré sans relâche sur le terrain, dans l’espoir de voir émerger un Cameroun nouveau, plus juste, plus digne, plus souverain », affirme-t-il.
Face aux accusations de trahison formulées par le Fdc, Iyodi est catégorique : « Nous n’avons jamais trahi le Fdc. Nous avons simplement refusé de trahir le Cameroun. »
Sur le plan électoral, Iyodi refuse de reconnaître la victoire du régime en place : « Nous ne constatons et ne soutenons pas la victoire du régime au pouvoir. » Il indique que les commissions départementales ont entamé la compilation des résultats et que « les premières tendances annoncent un moment historique pour notre pays ». Il promet de se ranger « du côté de la volonté du peuple camerounais ».
Le président du Fdc, de son côté, reproche à Iyodi d’avoir « saboté le projet du vrai changement » et d’avoir marginalisé les cadres du parti depuis la conférence de presse du 31 juillet 2025.
Iyodi conclut son communiqué par un appel à la mobilisation : « Mon combat demeure celui de l’alternance, de la vérité des urnes et de la refondation démocratique du Cameroun. L’histoire ne s’écrit pas en un jour, chaque pas compte, et nous marcherons ensemble. Au peuple, la gloire. Au peuple, la puissance. Au peuple, la victoire. »
Dans un pays où les transitions politiques sont rares et les tensions post-électorales fréquentes, cette rupture spectaculaire entre un parti et son candidat pourrait bien redéfinir les équilibres de l’opposition et raviver le débat sur la sincérité du processus démocratique. Le peuple camerounais, lui, reste suspendu aux résultats définitifs.
M.N.



