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Obsèques: Me Yondo Black Forever…

Les obsèques du sémillant avocat et ancien bâtonnier ce week-end à Douala, ont servi de prétexte au Conseil de l’Ordre national des avocats, de rendre un vibrant hommage à l’illustre disparu et tirer la sonnette d’alarme sur la situation des droits de l’homme et des libertés au Cameroun.

La dernière plaidoirie d’un monument du Barreau. De concert avec la famille du défunt, le Barreau du Cameroun vient de rendre hommage à Maître Yondo Mandengue Black, décédé le 16 octobre 2025 à l’âge de 87 ans. Les obsèques ont eu lieu avec tous les honneurs dus au rang de l’illustre disparu et selon les usages de la profession, avec en prime une procession des avocats dans les rues jonchant les palais de justice de Douala-Bonanjo.  Lors d’une rencontre avec la presse, le bâtonnier de l’ordre des avocats du Cameroun et une dizaine de ses confrères et consœurs, ont saisi l’occasion de du 77e anniversaire de la journée internationale des droits de l’Homme de se pencher sur la situation critique que traverse notre pays pour ce qui concerne spécialement les violations des droits de l’homme et des libertés au Cameroun. Pas plus belle manière hommage au bâtonnier Yondo Black que celle-là, lui qui avait le courage d’aller au chaudron de la défense des droits humains et politiques, et d’en payer le prix par l’emprisonnement.

Revenant au 10 décembre 1948, l’on se souvient qu’il y a 77 ans, au palais de Chaillot à Paris, à l’occasion de la Résolution 217 de l’organisation des Nations Unies, 58 nations du monde proclamaient la « Déclaration universelle des droits de l’homme ». Cette déclaration succédait à celle de 1789 intitulée « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », avec de nombreuses similitudes au premier rang desquelles : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Comparativement à la Déclaration du 1948, celle de 1789 disait : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits… ».

Faire revivre l’âme de l’avocat

Pour le bâtonnier Mbah Eric Mbah et ses confrères, « Nous avons décidé au barreau du Cameroun de dédier la journée à cet homme que vous voyez-là (montrant du droit le roll-up où est dressé le portrait de Me Yondo Black) », nous avons décidé dit-il, de rendre hommage au bâtonnier Yondo Black de regretté mémoire, pour au moins deux raisons : « Il n’est pas possible d’écrire l’histoire politique du Cameroun sans inscrire au premier rang Me Yondo Black ; de la même manière, l’on ne peut écrire l’histoire du Barreau du Cameroun sans mentionner son nom, alors il mérite l’hommage que nous lui donnons en cette occasion solennelle », déclaration d’entrée de jeu le bâtonnier Me Mbah Eric Mbah.

C’est l’occasion aussi dit-il de jeter un regard critique sur la situation des droits de l’homme et des citoyens au Cameroun, surtout qu’un figure emblématique de l’opposition camerounaise est mort en détention le 1er décembre dernier parce qu’il était privé de son extracteur d’oxygène, alors qu’il souffrait des difficultés respiratoires, Georges Anicet Ekane, président-fondateur du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), un décès qui est venu raviver d’autres disparitions et violations similaires des droits de l’homme au Cameroun. 

Un guerrier s’en est allé

Prenant la parole, le bâtonnier Patrice Monthe, président de la conférence des anciens bâtonniers du Cameroun, commence par féliciter l’initiative du barreau pour cet hommage, « Vous venez de faire revivre l’âme de l’avocat en prenant cette initiative courageuse, opportune et non moins osée » ; il félicite par la même occasion la vice-présidente de la Commission des droits de l’homme au barreau au Cameroun, Me Nkongme Dorcas, pour l’excellent travail abattu ces derniers temps à l’occasion de l’incarcération de l’homme politique Anicet Ekane car dit-il « c’était un travail courageux ». Me Patrice Monthe est celui qui a profondément connu Me Yondo Black dans la mesure où c’est bien ce dernier qui lui permet d’avoir le pied à l’étrier et au sein de la profession et au bâtonnat.

Me Patrice Monthe déclare avoir vécu des moments intenses avec l’homme durant leurs pérégrinations professionnelles, que ce soit au Cameroun et l’étranger. « Que dire du bâtonnier Yondo Mandengue Black ! », s’exclame-t-il. « J’ai envie de vous dire, qu’un guerrier s’en est allé, qu’une icône a disparu, qu’un juriste émérite s’est épanoui, et lorsque nous regardons devant nous, nous avons le sentiment de vivre le vide ».  Il faut dire que les deux bâtonniers étaient entourés de leurs illustres confrères à savoir Mes Agbor Nkongho, Zangue Martin, Teppi Koloko, Nkomgme Dorcas, entre autres, tous membres du Conseil de l’Ordre des avocats du Cameroun.

Rodrigue TCHOKOUAHA

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