
Vendredi dernier, au Cameroon digital innovation centre (Cdic) de Yaoundé, le projet nTron Stem Kits a triomphé lors de la finale nationale du PachiPanda Challenge 2026, confirmant l’ingéniosité de la jeunesse camerounaise face aux défis climatiques et technologiques.
Le Cameroon digital innovation centre de Yaoundé a réuni les dix projets finalistes du PachiPanda challenge Cameroun édition 2, une compétition organisée par Mtn Cameroon en partenariat avec Wwf Cameroon pour encourager les solutions technologiques à fort impact environnemental. Sur 427 candidatures enregistrées à l’échelle nationale, seules dix équipes ont accédé à cette ultime étape après une semaine intensive de formation et de mentorat. Représentants des ministères sectoriels, experts en innovation, partenaires techniques et membres du jury ont suivi des présentations structurées, axées sur la pertinence environnementale, la viabilité économique et la capacité d’extension à l’échelle nationale et panafricaine. Pour Olivier Nyako Wadjoré, président du jury, « les critères les plus pertinents étaient la pertinence du projet, son impact environnemental, le business plan et la scalabilité. Nous ne pouvons pas sélectionner des projets au rabais qui n’honorent pas le Cameroun au niveau international ».
Le premier prix a été attribué à nTron Electronic Stem Kits, une innovation qui combine recyclage des déchets plastiques, impression 3D et éducation scientifique. Le projet développe un système de transformation des plastiques post consommation en filaments utilisés pour fabriquer des kits pédagogiques destinés à l’apprentissage de la robotique, de l’électronique et des énergies renouvelables.« Nous utilisons le plastique recyclé pour fabriquer des filaments grâce à une machine que nous avons conçue. Ces filaments servent à imprimer les pièces robotiques de nos kits éducatifs. On réduit la pollution plastique tout en améliorant le système éducatif. Nous sommes prêts pour la compétition internationale », résume le porte-parole des lauréats. Cette solution s’inscrit dans les objectifs de réduction des déchets plastiques et de promotion des compétences scientifiques chez les jeunes, deux axes majeurs soutenus par l’Unesco et le Programme des nations unies pour l’environnement dans leurs rapports sur la transition écologique en Afrique.
Agriculture intelligente et sécurité alimentaire en ligne de mire
Le deuxième prix est revenu à FurahaTalla, une plateforme numérique qui permet aux agriculteurs de vendre leurs récoltes futures à un prix garanti grâce à un système basé sur les données climatiques et les tendances du marché. Cette innovation répond aux ventes de détresse provoquées par l’irrégularité des saisons agricoles et les pertes post récolte.Le troisième prix a été attribué à AgriCheck, une plateforme d’agriculture digitale exploitant l’imagerie satellitaire, les données météorologiques et les prix du marché pour générer des scores de risque et faciliter l’accès aux intrants agricoles sans paiement immédiat. Selon le président du jury, « le projet arrivé en deuxième position s’est intéressé à l’agriculture avec des satellites et des capteurs pour conseiller les agriculteurs. Le troisième s’est attaqué au problème des pertes rapides après récolte en proposant une mise en relation des acteurs pour partager les ressources ».
Les partenaires ont insisté sur la dimension stratégique de ce programme pour l’avenir environnemental du pays. « La plus-value pour nous, c’est l’innovation et les idées que les jeunes peuvent apporter en matière de conservation et de protection de l’environnement. Ces projets vont contribuer à améliorer nos efforts pour la biodiversité, le climat et l’harmonie entre l’homme et la nature »,a déclaré Alain Bernard Ononino, le Directeur national du Wwf Cameroun.Du côté de Mtn Cameroon, l’accent est mis sur la résilience par la technologie, comme l’a souligné Edouard Tamba, Manager Esg,« le PachiPanda Challenge appelle les jeunes innovateurs à proposer des solutions technologiques pour aider nos communautés à faire face aux changements climatiques. Cette année nous avons reçu 427 candidatures et retenu dix finalistes. Les trois premiers iront représenter le Cameroun en Afrique du Sud. Nous arrivons en champions en titre et nous croyons pouvoir conserver ce trophée ». Au-delà des prix financiers, les lauréats bénéficient d’un accompagnement en incubation, mentorat et visibilité dans les programmes d’innovation du Mtn Group et du Wwf.
Cap sur Johannesburg pour défendre l’innovation camerounaise
Les trois projets primés représenteront le Cameroun à Johannesburg lors de la phase panafricaine prévue en février 2026, aux côtés des équipes du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda et de la Zambie. Cette étape continentale comprendra des masterclasses, des rencontres avec des investisseurs et la désignation du lauréat panafricain. Rappelons que la première édition du PachiPanda Challenge avait déjà propulsé le Cameroun au sommet de l’innovation environnementale africaine, avec un sacre continental à la clé. L’édition 2026 confirme la montée en puissance d’une jeunesse qui transforme les défis climatiques en solutions concrètes. Avec nTron Stem Kit en tête d’affiche, le Cameroun affirme sa place parmi les pôles émergents de l’innovation verte en Afrique, où recyclage, agriculture intelligente et éducation scientifique deviennent des leviers majeurs pour bâtir un avenir durable.
Michel NONGA
Focal
Favoriser l’émergence de startups locales
Véritable vitrine de l’innovation verte, le PachiPanda Challenge s’impose comme un levier stratégique pour révéler, structurer et accompagner les solutions technologiques portées par la jeunesse face aux défis climatiques, agricoles et environnementaux. En récompensant des projets à fort impact et à potentiel panafricain, cette compétition initiée par Mtn Cameroon et Wwf Cameroon stimule l’entrepreneuriat durable, favorise l’émergence de startups locales et positionne le Cameroun parmi les pôles africains de l’innovation responsable. Pour cette deuxième édition, le premier prix a été remporté par nTron Electronic Stem Kits avec une dotation de 3.000.000 Fcfa, le deuxième prix est revenu à Furaha Talla avec 2.000.000 Fcfa, tandis que AgriCheck a décroché le troisième prix doté de 1.500.000 Fcfa, des financements accompagnés d’un programme d’incubation et d’un accès à la finale panafricaine à Johannesburg.
M.N.



