
« Ces criminels paieront pour avoir brûlé la mémoire de notre nation »
« Vous constatez vous-même l’ampleur des dégâts. Ces terroristes, ces assaillants et bandits de grand chemin qui agissaient sous les ordres d’un candidat criminel, lequel prétend avoir remporté l’élection présidentielle qu’il ne pourra jamais gagner, ont incendié l’hôtel de ville de Mandjou, un bâtiment public. Des actes de naissance datant de 1968 ont entièrement été détruits. Les documents financiers ont été réduits en cendres. Nous avons appris qu’après avoir mis le feu au bâtiment dans la nuit, ils sont revenus le lendemain, ont constaté que certains documents n’avaient pas encore été détruits, et ils les ont brûlés à nouveau. Nous voulons condamner avec la plus grande fermeté ces actes criminels. Quant à ce monsieur qui a envoyé des enfants dans la rue pour perpétrer ces actes de banditisme et de vandalisme, non seulement il devra en assumer le poids sur sa conscience, mais il en paiera aussi le prix. Parce qu’il n’y aura aucune concession pour ces bandits qui ont détruit les documents de nos enfants, les documents de nos parents, les documents de notre communauté.
Nous parlons d’un scrutin présidentiel. Quel est le lien avec le fait de brûler des actes de naissance, des documents de travail des parents et des enfants ? Il n’y a aucun lien. Regardez ce bel édifice. L’État a investi d’énormes moyens pour le construire. Mais on est venu le détruire en un laps de temps. C’est donc l’occasion de nous adresser aux parents et à la communauté. Nous ne devons plus jamais accepter ces actes odieux, ces actes criminels. L’élection présidentielle s’est achevée par la prestation de serment du chef de l’État, Son Excellence M. Paul Biya, qui, dans son discours, a invité les citoyens à se joindre à lui pour construire un Cameroun toujours plus rayonnant, plus beau et toujours respecté. Cette mission d’évaluation est donc également une mission d’apaisement. Mais nous n’accepterons jamais que des actes aussi odieux restent impunis, car il s’agit de montrer l’exemple. Ceux qui ont commis ces actes, à commencer par le premier criminel qui prétend avoir gagné cette élection, qu’il sache qu’il a une dette envers les camerounais pour tout ce désordre, et qu’il sera poursuivi toute sa vie. Toutefois, grâce à la vigilance des forces de défense et de sécurité, grâce à la vigilance des autorités administratives, grâce à la contribution de certains parents, Mandjou et la ville de Bertoua vivent dans le calme et la sérénité. Mais nous devons tirer les leçons de ces actes barbares. Il ne s’agissait que d’une élection présidentielle. Il y en a eu d’autres dans le passé. Mais en venir à détruire les édifices publics, le service public, le bien commun. Le Cameroun est notre héritage commun. Ainsi, les actes de naissance, les documents datant de 1968 ont été réduits en cendres.
Je crois que cela démontre une grande irresponsabilité. Par conséquent, les parents doivent encadrer leurs enfants. Nous avons appris que des enfants avaient été drogués, qu’on leur avait donné des stupéfiants, etc. Mais si les enfants sont bien encadrés par leurs parents, ils ne traîneront pas dans la rue. Car la plupart de ces enfants ont 12, 13, 14, 16, 17 ans. À 17 ans, on n’a aucun lien avec le processus électoral ; on ne vote pas à 17 ans. Donc, s’il devait y avoir des revendications, ce devrait être des adultes qui les portent. Je pense donc que nous devons tirer les leçons de ces actes irresponsables. Et il faudrait que la personne qui a donné cet ordre irresponsable sache qu’elle a une facture à payer. Et elle paiera cette facture toute sa vie, car on ne peut accepter que de tels actes se produisent dans un pays responsable. Il est important que les gens sachent que la justice fera son travail, et rien que son travail. Nous parlons d’apaisement, mais il faut que les gens prennent conscience que ce n’est pas ce que nous attendions de la démocratie. Ce n’est pas ça la démocratie. La démocratie est un jeu qui a des règles, des règles de justice, et ces règles doivent être respectées. Lorsque le Conseil constitutionnel a validé la candidature de ce monsieur irresponsable, il était fier d’aller aux élections. Mais dès lors que c’était au tour du Conseil constitutionnel de proclamer les résultats, il a dit qu’il n’était pas d’accord. Pourtant, le Conseil constitutionnel aurait dû rejeter sa candidature. On n’accepte pas une chose au début pour la nier à la fin. Je pense que les parents sont là, la communauté musulmane, la communauté chrétienne et bien d’autres communautés. Nous n’allons pas stigmatiser une communauté particulière. Ces actes irresponsables ont été perpétrés par des camerounais irresponsables sur ordre d’un candidat irresponsable. Mais notre message est global : les parents doivent encadrer leurs enfants. Il ne faut jamais accepter que le désordre s’installe, car le désordre s’installe facilement, mais on ne sait jamais comment il se termine. Nous devons préserver la paix, l’unité nationale et le vivre-ensemble qui sont nos acquis ».
Joseph Anderson LE, élite de la région de l’Est
« Chacun devra contrôler son environnement et alerter en cas de besoin »
« La région du Soleil levant, connue pour son hospitalité légendaire, ne doit pas se transformer en théâtre de désordre du fait de quelques brebis galeuses manipulées et égarées. Il est impératif que chacun se tienne aux côtés des forces de maintien de l’ordre, aux côtés des autorités administratives et des chefs traditionnels. Que nous devenions chacun un policier ou un gendarme pour prévenir, pour donner l’information, parce que lorsqu’on a l’information, on peut anticiper. Ne voyons plus quelque chose se préparer à côté de nous et nous taire. Non. Il faut donner l’information à l’autorité la plus immédiate afin que des mesures adéquates soient prises. Quand on se rend compte que des gens ont bien préparé ce qu’ils ont fait, ça veut dire qu’il y en a certainement parmi nous qui ont observé, qui ont vu ces préparatifs mais n’ont pas anticipé, n’ont pas donné l’alerte. C’est pour ça qu’il faut devenir très vigilant. Samedi 15 novembre 2025, nous avons organisé une prière œcuménique. Il était question de rendre grâce au Seigneur pour le bon déroulement des élections, et je peux vous dire que ces élections ont eu lieu dans d’excellentes conditions à l’Est. Nous n’avons pas eu un seul incident en dehors d’une crevaison sur la route, et nous pensions que nous étions bénis. Mais voilà qu’après les élections, alors que les résultats reflétaient véritablement ce qui s’est passé dans le cadre du vote, le diable est venu s’introduire. Comme on dit, le diable est dans les détails. C’est pourquoi je dis qu’il faut être vigilant. Chaque détail compte. Chaque détail doit être porté à l’attention de qui de droit, et nous pensons qu’avec l’aide du Seigneur, les prochaines échéances, nous allons pouvoir les conduire dans de bonnes conditions tout en évitant que de tels troubles post-électoraux ne se reproduisent. »
Propos recueillis par A.G.O.B



