
Dans le programme que les députés camerounais s’apprêtent à valider, le gouvernement promet aux jeunes du boulot… façon Himo : bras, sueur et ambition au menu.
Le Premier ministre, Dr Joseph Dion Ngute, a présenté le 26 novembre 2025 à l’Assemblée nationale le Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice 2026. Dévoilé à seulement 6 jours de la fin de la session parlementaire y relative, le document repose sur plusieurs axes prioritaires. L’éducation supérieure bénéficiera d’un renforcement significatif, avec la mise en place de structures adaptées pour accueillir davantage d’étudiants et favoriser l’innovation et la recherche. L’emploi des jeunes sera soutenu par des travaux à haute intensité de main-d’œuvre, tandis que des initiatives spécifiques visent à promouvoir l’autonomisation économique des femmes. Sur le plan diplomatique, le gouvernement entend renforcer les partenariats internationaux et mobiliser la diaspora pour le développement national. À l’intérieur du pays, l’administration territoriale et la décentralisation seront renforcées, avec une attention particulière portée sur l’assainissement du secteur associatif, la révision du Plan national de contingence et l’accélération de la digitalisation de l’état civil.
La justice et la sécurité seront modernisées : le gouvernement prévoit la construction et la réhabilitation des tribunaux, l’amélioration des conditions de détention et la promotion des droits de l’homme. Le secteur des marchés publics fera également l’objet d’une digitalisation complète, favorisant l’accès des entreprises dirigées par des femmes et des groupes vulnérables. En matière d’infrastructures, le gouvernement prévoit le bitumage de 648 kilomètres de routes et la réhabilitation de 335 kilomètres supplémentaires, tout en poursuivant de grands chantiers tels que la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala. L’habitat et le développement urbain seront soutenus par la construction de logements sociaux et la modernisation de la voirie. L’énergie bénéficiera de projets structurants, dont l’interconnexion des réseaux électriques et la construction d’une centrale thermique à gaz à Limbe, tandis que l’accès à l’eau potable sera renforcé à Douala et Yaoundé. Le redémarrage de la raffinerie de la Sonara s’inscrit dans une logique d’autosuffisance énergétique.
Taux de croissance de 4,3 %
Les secteurs des postes, télécommunications et transports seront modernisés à travers l’extension des réseaux numériques, la réhabilitation des aéroports et le développement de projets ferroviaires. Dans l’agriculture et l’élevage, le gouvernement vise à augmenter la production de riz, maïs, manioc et huile de palme, à développer les infrastructures rurales et à aménager des périmètres agropastoraux, tout en construisant des abattoirs industriels pour améliorer la chaîne de valeur. La protection des forêts, la valorisation des produits forestiers non ligneux et la lutte contre la dégradation des terres seront poursuivies, parallèlement à la mise en œuvre des engagements climatiques.
Le gouvernement prévoit également un soutien accru aux mines, à l’industrie, au commerce, aux Pme et à l’artisanat, ainsi qu’au tourisme et aux infrastructures de loisirs. L’éducation, la formation professionnelle et l’innovation scientifique bénéficieront de programmes ciblés, tandis que la santé publique sera renforcée à travers la couverture santé universelle et la réhabilitation des infrastructures sanitaires. Les politiques sociales, sportives et culturelles viseront à promouvoir les valeurs citoyennes, l’autonomisation des femmes et la réinsertion des enfants et personnes vulnérables. Ce Programme sera réalisé grâce au budget 2026, fixé à 8 816,4 milliards de Fcfa en hausse de 14 % par rapport à 2025, qui prévoit une croissance du Pib de 4,3 % et un taux d’inflation de 3 %.
Axel ABANDA



