
Lors de l’ouverture de la session parlementaire ordinaire de mars 2025, la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale a lancé un appel solennel à la responsabilité collective pour une élection présidentielle apaisée.
Dans son discours d’ouverture de la session parlementaire ordinaire de l’année législative 2025, prononcé en mars dernier à l’hémicycle du Palais des verres Paul Biya, la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale, l’honorable Laurentine Koa Mfegue, a livré un message fort en direction de l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus électoral. À quelques mois de l’élection présidentielle, elle a invité les organes juridictionnels, la structure en charge de l’organisation des élections, les acteurs politiques, religieux et médiatiques à œuvrer pour la tenue de ce scrutin dans les meilleures conditions. Dans un contexte politique national marqué par une forte effervescence, l’élue a présenté son intervention comme un appel à la responsabilité collective. Selon elle, chaque maillon de la chaîne électorale porte une part de responsabilité dans la préservation de la paix. Elle a mis en garde contre les discours de déstabilisation et les appels au chaos, s’interrogeant sur l’avenir du pays si la division venait à l’emporter. La députée Rdpc de la Lekié a exhorté ses compatriotes à s’engager à transmettre une nation meilleure, non pas « en lambeaux », mais fière de ses avancées et tournée vers le progrès.
À quelques mois de la présidentielle, la doyenne d’âge de la Chambre basse a appelé au patriotisme et à la conscience nationale. « Face à la prochaine élection présidentielle et loin des polémiques stériles ou des gesticulations de mauvais aloi, j’en appelle au sens des responsabilités et à la conscience nationale de tous et de chacun, afin que cette échéance se déroule dans le calme, la sérénité et dans une vision d’un Cameroun toujours en marche pour son progrès après octobre 2025 », a déclaré Laurentine Koa Mfegue. Tour à tour, elle a interpellé le Conseil électoral d’Elections Cameroon, la Direction générale des élections, le Conseil constitutionnel, les leaders et acteurs politiques, les autorités religieuses ainsi que les fidèles. « Que ceux qui ont la charge d’organiser organisent conformément aux règles établies, que ceux qui doivent juger disent le droit, rien que le droit, que ceux qui savent mobiliser mobilisent pour battre tous les records de participation, et que ceux qui savent prier prient afin d’éloigner de notre peuple le spectre de la division », a-t-elle énuméré.
Comme un modèle démocratique
Dans cette liste d’acteurs interpellés, la doyenne d’âge a également accordé une place particulière aux médias. Elle a invité les journalistes à demeurer professionnels, respectueux de la déontologie et apôtres de la vérité. Face aux dissonances observées dans l’arène politique, elle a exhorté la classe politique à user de l’ouverture démocratique avec sagesse, foi, patriotisme et respect strict de la légalité, rappelant qu’au-delà des ambitions personnelles, seule compte la destinée du Cameroun. Estimant que le pays apparaît malgré tout « comme un modèle démocratique », Laurentine Koa Mfegue a attribué cet acquis à la stabilité institutionnelle en place depuis le 6 novembre 1982. Une référence qui inscrit son discours dans un contexte politique déjà marqué par les prémices de la campagne présidentielle. Pour rappel, la première session parlementaire ordinaire de l’exercice 2025 est principalement consacrée à l’élection des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat. À la Chambre basse, Cavaye Yeguie Djibril, député depuis plus d’un demi-siècle et troisième personnalité de la République au plan protocolaire, demeure une figure centrale du paysage politique camerounais.
Serge Aimé BIKOÏ
*Texte publié dans Le Messager du mercredi 12 mars 2025



