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Présidentielle 2025: L’UDC dénonce une démocratie confisquée

Dans une déclaration incisive, l’Union démocratique du Cameroun (Udc) a rejeté les résultats de l’élection présidentielle de 2025, dénonçant des irrégularités massives et un processus électoral biaisé. 

La prestation de serment du président Paul Biya, le 6 novembre 2025 à Yaoundé, n’a pas apaisé les tensions politiques au Cameroun. À travers un communiqué officiel, l’Union démocratique du Cameroun (Udc) a vivement contesté les conclusions du scrutin présidentiel du 12 octobre dernier. L’Udc, dirigée par Dr. Adamou Ndam Njoya, a accusé le régime en place d’avoir « confisqué la démocratie » et dénaturé « la maturité démocratique du peuple camerounais ». Selon le communiqué signé par Hon. Tomaino Ndam Njoya, candidate à la présidentielle de 2025, l’élection ne s’est pas déroulée dans un cadre transparent. « La démocratie ne se mesure pas à l’organisation d’un scrutin, mais à la vérité des urnes et à la transparence de ses résultats », peut-on lire sur le communiqué. En réponse à l’affirmation de Paul Biya selon laquelle « l’élection présidentielle porte témoignage de la grande maturité du peuple camerounais », l’Udc a estimé que cette maturité avait été « détournée au détriment du peuple » par des fraudes et des irrégularités documentées. La contestation de l’Udc ne s’arrête pas au processus électoral.

Le parti critique également l’appel au rassemblement lancé par le président Biya, qualifiant de « mensonge électoral ». Toute tentative d’unité nationale qui ne reposerait pas sur la vérité et la souveraineté populaire. « L’unité nationale ne se décrète pas ; elle se construit dans la vérité et le respect de la souveraineté populaire », a martelé l’Udc, rappelant que la répression des voix dissidentes et la militarisation du territoire ne font qu’aggraver la fracture nationale.

Stabilité reposant sur la peur

L’Udc s’est particulièrement indignée des promesses répétées à l’égard des femmes et des jeunes, des engagements qu’elle juge creux et récurrents depuis plusieurs décennies. « Depuis plus de quarante ans, les mêmes promesses sont répétées à chaque prestation de serment, sans traduction concrète pour la jeunesse camerounaise », souligne le communiqué. Le parti déplore l’absence de véritables réformes pour offrir des opportunités d’emploi aux jeunes, ainsi que la stagnation des droits des femmes, notamment en matière d’égalité des genres et de protection législative contre les violences sexistes. La paix et la stabilité, mises en avant par Paul Biya dans son discours, ont également été remises en question par l’Udc. Le parti a dénoncé une « stabilité reposant sur la peur » et une « paix imposée par la force ». Selon l’Udc, une paix durable nécessite le respect de la vérité et du dialogue. « La militarisation du territoire et la répression ne régleront pas la crise anglophone ni les frustrations nationales », a averti le parti, appelant à un dialogue national inclusif et indépendant pour apaiser les tensions. 

Garantir des élections libres et crédibles

L’Udc a également rejeté la prétendue « victoire du peuple » évoquée par le président Biya. « Le peuple camerounais n’a pas renouvelé sa confiance ; il a été dépouillé de son choix par un système verrouillé et contrôlé », a déclaré le parti, réaffirmant son engagement en faveur d’une réforme constitutionnelle et électorale pour garantir des élections libres et crédibles. Le parti a condamné les accusations portées par Paul Biya contre les « politiciens irresponsables » ayant contesté les résultats électoraux. Pour l’Udc, « qualifier d’irresponsables ceux qui contestent pacifiquement un scrutin entaché d’irrégularités, c’est refuser la démocratie elle-même ». Fidèle à sa ligne de « vérité, justice et démocratie », l’Udc a appelé à des réformes institutionnelles profondes, à la séparation réelle des pouvoirs et à la fin du contrôle politique des organes électoraux.

« Le Cameroun ne pourra entrer dans une véritable nouvelle ère qu’à travers la vérité, la justice et le respect de la souveraineté populaire », conclut le communiqué, appelant les camerounais à rester engagés pour un Cameroun nouveau, fondé sur la dignité nationale et le respect des droits fondamentaux. Cette prise de position de l’Udc, ferme mais pacifique, reflète les frustrations d’une partie de la population camerounaise face au statu quo politique. Alors que le pays se trouve à un carrefour historique, les appels au dialogue et aux réformes résonnent plus que jamais dans une nation en quête de justice et de démocratie véritable.

M.N.

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