
En un an, l’association a accueilli 1 540 femmes survivantes de violences basées sur le genre, aidé plus de 300 à devenir autonomes et sensibilisé plus de 5 000 femmes et filles. Ce premier anniversaire célèbre la résilience et la transformation des vies grâce à un accompagnement global et solidaire.
Derrière la brigade de Gendarmerie de Ngousso à Yaoundé, le centre Afiri s’animait dès les premières heures du matin le 9 décembre 2025. Les murs blancs et orange reflétaient la lumière et l’énergie palpable des femmes qui franchissaient le seuil. Certaines venaient avec leurs enfants, d’autres seules, toutes portaient la même détermination dans le regard. L’anniversaire du centre n’était pas une fête ordinaire. Il symbolisait la résilience et la reconstruction après des violences qui avaient marqué leur vie. La journée a commencé avec l’inauguration du guichet unique pour la prise en charge des cas des Violences basées sur le genre, baptisé « One Stop Center ». Pour la première fois, les survivantes de Violences basées sur le genre (Vbg) peuvent accéder à tous les services essentiels dans un même lieu.
Elles trouvent soutien psychologique, accompagnement social, soins médicaux et assistance juridique sans avoir à multiplier les démarches. La présidente de l’Ong Acahijec et fondatrice du centre Afiri, a pris la parole devant les femmes présentes. Elle a raconté son propre parcours d’ancienne survivante et comment le soutien d’autres femmes l’a aidée à se relever. Avec le lancement du Réseau d’entraide des survivantes du Cameroun « Ma Bestie», Yvonne Flore Belema tend aujourd’hui la même main qu’elle a reçue autrefois. Sous la supervision du ministre des Enseignants secondaires (Minesec), Pr Nalova Lyonga, les survivantes deviennent mentors et accompagnent d’autres femmes, partageant conseils, encouragements et soutien concret. Leur solidarité se transforme en une véritable force capable de transformer des vies.
Partenaires de poids
Les partenaires du centre ont également pris la parole pour confirmer la crédibilité et la solidité du projet sur le long terme. L’Unfpa, principal partenaire technique et financier, souligne l’importance d’un soutien structuré, parfaitement adapté aux besoins réels des femmes et des filles. Le ministre de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff), partenaire institutionnel, insiste, quant à lui, sur la nécessité de multiplier ce type de structures pour répondre à une demande qui dépasse largement l’offre actuelle. « Je me trouvais dans une profonde détresse, au point de songer à mettre fin à mes jours. Aujourd’hui, je retrouve confiance, je subviens à mes besoins grâce aux formations et aux activités génératrices de revenus, et je reprends goût à la vie», a témoigné Marie-Claire.
Selon les observateurs, Afiri dépasse largement le rôle d’un centre d’écoute ou d’un refuge temporaire. C’est un véritable laboratoire social où les survivantes réinventent leur place dans la société. Les chiffres confirment l’ampleur du travail accompli. En un an seulement, 1 540 femmes ont été accueillies, dont des réfugiées et des survivantes isolées. Plus de 300 ont atteint une autonomie économique grâce aux formations et aux activités génératrices de revenus. Plus de 5 000 femmes et filles ont été sensibilisées aux violences et aux dispositifs de protection. Chaque chiffre représente une vie transformée, un sourire retrouvé et une force nouvelle. En organisant cette triple cérémonie, le centre Afiri a démontré que la résilience pouvait se transformer en une véritable force collective.
Axel ABANDA



