
L’école nationale polytechnique de l’université de Yaoundé I a abrité vendredi dernier la session d’information sur le programme Erasmus + pour le Cameroun. L’atelier a souligné la maturation d’un partenariat ancien et son évolution vers des objectifs plus structurants pour le système universitaire en analysant les mécanismes pour en étendre la portée, dans la continuité des relations de coopération déjà établies entre le Cameroun et l’Union européenne.
L’événement a réuni une quarantaine de participants, mêlant étudiants, enseignants-chercheurs camerounais et représentants européens. La présence des orateurs, dont David Andjama, le Pr Sismond Hervé Mvele, Sébastien Dibling de la Délégation de l’Union européenne et Ngongo Isidore Séraphin de l’Université de Yaoundé I, a donné le ton : il est question de consolidation et d’approfondissement. L’atelier, ouvert par Madame Boyomo Onana, représentante du directeur de Polytechnique, a d’ailleurs rappelé les liens historiques unissant l’institution au programme, depuis les premières bourses jusqu’aux actuels projets de recherche concertés.
Seize lauréats et une dynamique inclusive
Le point d’orgue de la rencontre a été la mise en lumière de seize nouveaux lauréats camerounais du prestigieux Erasmus Mundus Joint Master, parmi lesquels neuf femmes. Ce chiffre, au-delà de l’excellence académique, a été présenté comme le reflet d’une progression notable de la participation féminine dans les domaines de la recherche et de la mobilité internationale. Ces étudiants incarnent une jeunesse camerounaise désireuse de s’inscrire dans des réseaux académiques mondiaux. Le programme Erasmus Mundus leur permet de suivre des cursus dans au moins deux universités, souvent sur deux continents, et d’obtenir un diplôme double ou multiple, reconnu internationalement.
Cette promotion s’inscrit dans une tendance plus large. Depuis 2014, la participation camerounaise à Erasmus+ n’a cessé de croître, le pays tirant parti de son statut de hub sous-régional et de son bilinguisme. On compte déjà onze projets de renforcement des capacités dans l’enseignement supérieur impliquant des établissements locaux. Comme l’a précisé Sébastien Dibling, chef de la coopération à la Délégation de l’UE, l’objectif est désormais de communiquer largement pour que la jeunesse camerounaise puisse préparer des dossiers solides et compétitifs.
Au-delà de la bourse, un outil de transformation institutionnelle
La discussion a dépassé le simple cadre des bourses individuelles pour aborder l’impact systémique du programme. Erasmus+ se présente comme un levier de transformation, aussi bien pour les individus que pour les institutions. Pour les étudiants, les dispositifs sont variés : mobilité internationale de crédits, masters conjoints, bourses de recherche et échanges virtuels. Ces outils offrent une immersion dans des systèmes pédagogiques avancés et un élargissement des horizons professionnels.
Mais l’impact le plus durable pourrait bien être celui sur les universités elles-mêmes. Les enseignants et les chercheurs bénéficient de mécanismes de soutien qui facilitent la collaboration avec des homologues étrangers, la participation à des événements scientifiques internationaux et le transfert de nouvelles méthodes d’enseignement. Les institutions camerounaises sont incitées à élaborer des projets structurants, à participer à des partenariats internationaux et à moderniser leurs curricula. C’est un effet multiplicateur qui, à terme, vise à renforcer la gouvernance et la compétitivité des établissements d’enseignement supérieur au Cameroun.
Un avenir tracé autour de partenariats d’égal à égal
L’avenir d’Erasmus+ au Cameroun se dessine autour d’objectifs ambitieux. L’accent est mis sur le développement de nouveaux partenariats académiques et scientifiques, dans une logique de coopération présentée comme étant d’égal à égal. La mobilité et la coopération doivent devenir des moteurs concrets pour l’innovation et le développement du pays. L’Union européenne, par la voix de son représentant, a réaffirmé son engagement à soutenir la jeunesse camerounaise et à promouvoir l’égalité des chances.
Moustapha BACHIROU



