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Projet farine locale : Boulangers et pâtissiers renforcent leurs techniques de panification 

La phase pratique du projet « Renforcer les boulangeries artisanales utilisant les farines locales », a démarré au cours d’un atelier de renforcement de capacités des acteurs de cette filière à la production de pains à base de farines locales, les 12 et 13 novembre 2025 à Yaoundé. Sous la direction des chefs, les participants ont pu produire des pains et viennoiseries de qualité hautement nutritive.

Dans la salle des conférences de l’Association Citoyenne des Intérêts collectifs (Acdic) transformée en boulangerie à l’occasion de l’atelier de renforcement des capacités des artisans boulangers et pâtissiers, sont exposés sur un plan de travail, des pains et autres viennoiseries à base de farines locales (manioc, patate, etc.). Fraîchement sortis du four, ces aliments du quotidien font saliver. Leur aspect visuel n’a rien à envier aux pains ordinaires à base de farine de blé uniquement, habituellement vendus dans les commerces et boutiques des quartiers. La forme des pains présentés est régulière et bien développée. La couleur qui varie du blond clair au brun est uniforme sur toute la croûte, sans zones trop pâles ou trop foncées. La croûte est fine, craquante et croustillante. Tandis que la grigne -Il s’agit des découpes sur le dessus du pain faites juste avant l’enfournage- est régulière et bien développée, avec un gonflement ambré. Les viennoiseries (pain choco, croissant) donnent envie de prendre une pause-café ou thé. L’ensemble convient à ce que les experts appellent un « pain de qualité ». Et là s’arrêtent les similitudes.

En le mangeant, on se rend compte que le goût est bien différent de ce dont on est habitué. En plus, il pèse un peu plus que le pain ordinaire et est bien plus rassasiant. Au regard de l’enthousiasme autant des participants que des consommateurs, on peut déduire que pour cette phase, le pari est gagné par le Service d’Appui aux initiatives Locales de Développement (Saild) et ses partenaires, auteurs de cette initiative de formation des artisans boulangers et pâtissiers à la production de pains à base de farines locales. « Dans le cadre de cette formation, nous avons appris à confectionner du pain à base de farines locales. Nous avons principalement utilisé la farine de manioc, de patate à des pourcentages conventionnels c’est-à-dire réglementé par la norme camerounaise (20%) », confie Essomba Ebanga Joseph, Inspecteur des postes et télécommunication, converti en entrepreneur agropastoral depuis 2015.

Au-delà des attentes

L’homme affirme en avoir eu plus que ses attentes. « Je recherchais la technicité. J’ai vu beaucoup de vidéos pour faire du pain mais je n’arrivais pas aux résultats obtenus après la formation. Ensuite, je recherchais les différents taux d’incorporation des éléments pour avoir du pain et le moment opportun pour chaque introduction. Par exemple quand introduire le sel et la levure. Avant je mélangeais tout. Ce qui donnait le résultat désastreux que j’obtenais. Je suis satisfais par cette formation », conclut-il. « J‘ai appris comment faire un bon pain bio-fortifié. C’était la première fois qu’on en mange à la maison. Mon mari et mes enfants ont apprécié. La formation était vraiment pratique qu’une fois à la maison, j’ai réessayé », affirme une participante, pendant la séance de restitution des travaux de la veille. « Nous avons travaillé sans pétrin. Nous avons dû mélanger et pétri la pâte avec nos mains principalement. Le but était de pouvoir fabriquer les pains de façon artisanale », renchérit son vis-à-vis.

« C’était une superbe expérience parce que je croyais faire le pain. En fait je me rends compte que je ne faisais pas le pain. J’ai appris que c’est réellement possible d’utiliser nos farines pour créer quelque chose de vraiment particulier. Il suffit de s’y mettre, d’appliquer le processus. On y arrive parfaitement. Je tiens à remercier les chefs ». Fort des résultats de ces deux jours (12 et 13 novembre) d’apprentissage, le Saild envisage sereinement l’avenir.  « …C’est juste un début. Nous sommes dans le cadre d’un projet qui va se terminer en décembre 2026. Dans le cadre des activités qui sont prévues, nous avons justement pensé à travailler en réseau avec de grandes surfaces, de grandes boulangeries, pour proposer le pain qui sera fait par les artisans boulangers, mais également de renforcer les capacités même des artisans boulangers sur les pratiques entrepreneuriales et sur les techniques de commercialisation de leurs produits », renseigne Rodrigue Kouang, chef dudit projet. Il ajoute que des journées de dégustation seront organisées pour permettre au public de mieux connaître ces produits qui le savoir-faire local.

Nadège Christelle BOWA

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