
Avec un budget de 13,309 milliards Fcfa, il entend soutenir la mise en exploitation de cinq projets miniers stratégiques et renforcer la transformation industrielle locale, tout en générant environ 50 000 emplois.
Devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, le ministre par intérim des Mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt) a présenté le 28 novembre 2025, les résultats de l’exercice 2025 ainsi que les projections pour 2026. Le budget du ministère est fixé à 13,309 milliards Fcfa pour 2026, en légère hausse, afin d’accompagner la mise en œuvre des projets miniers et industriels en cours. Pour 2025, le budget de fonctionnement affiche un taux d’exécution quasi total, tandis que les investissements enregistrent une progression significative. L’évolution la plus marquante concerne l’entrée du Cameroun dans la catégorie des pays producteurs miniers, avec cinq projets mis en exploitation cette année.
Le projet de fer de Bipindi-Grand Zambi devrait générer environ 24 milliards Fcfa par an et créer plusieurs milliers d’emplois. À Lobé, le gisement exploité par Sinosteel présente des retombées estimées à plus de 46 milliards Fcfa annuels sur le long terme. Le projet de bauxite de Minim-Martap, valorisé à 16 milliards de dollars, représente un potentiel majeur pour la chaîne de valeur métallurgique, avec des revenus qui pourraient atteindre 72 milliards Fcfa par an après transformation en alumine. Les projets de marbre de Bidzar et Biou Sud, ainsi que le projet aurifère de Colomine, complètent l’ensemble, pour un total d’environ 100 milliards Fcfa de recettes annuelles attendues.
Restructuration d’Alucam
Le Pr Fuh Calistus Gentry a également évoqué les difficultés du secteur de l’or artisanal, marqué par une forte proportion d’activités informelles et des pertes financières pour l’État. La baisse de la collecte observée en 2025 devrait être compensée par un renforcement des contrôles, une extension du rôle de la Sonamines et l’entrée en activité progressive des mines industrielles. Sur le plan industriel, le gouvernement vise une réduction de la dépendance aux importations par une augmentation de la transformation locale. L’exploitation du calcaire de Mintom est identifiée comme une solution pour réduire le déficit en ciment. Dans la sidérurgie, deux complexes sont en cours d’installation. La filière céramique poursuit son développement, tout comme la filière aluminium, appuyée par la future production d’alumine, la restructuration d’Alucam et la mise en œuvre du projet Proalu.
Le ministère prévoit aussi l’aménagement des zones industrielles d’Edea et de Bertoua, cette dernière devant bénéficier d’un financement d’environ 12 milliards Fcfa discuté avec la Banque mondiale. Les actions de restructuration d’Alucam et de Cicam se poursuivront, tandis que le gouvernement entend renforcer l’innovation locale. Les estimations font état de près de 50 000 emplois potentiels en 2026 dans les secteurs miniers, industriel et pétrochimique. Une École supérieure des Mines, de Géologie et de Pétrochimie sera créée à Meyomessala pour soutenir les besoins en compétences techniques.
Axel ABANDA



