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Rapatriement volontaire: 297 réfugiés nigérians quittent Minawao vers leur pays natal

Mardi matin, au cœur du camp de réfugiés de Minawao, situé dans le département du Mayo-Tsanaga dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, 297 Nigérians ont entrepris le chemin du retour vers la Nigeria.

À bord de cinq bus spécialement affrétés, des femmes, des enfants et des personnes âgées ont quitté ce site qui héberge depuis plus d’une décennie des populations fuyant l’insurrection de Boko Haram, marquant une nouvelle étape dans un processus de rapatriement volontaire qui vise à ramener en tout 3 122 personnes dans leurs communautés d’origine. Ce convoi de départ s’inscrivait dans le cadre d’un accord tripartite entre le Cameroun, le Nigeria et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr), fondé sur les principes de liberté, de sécurité et de dignité de retour. Avant de monter dans les autobus, les rapatriés ont bénéficié d’un accompagnement administratif, sanitaire et social comprenant l’enregistrement biométrique, des contrôles médicaux et la distribution de kits alimentaires et non alimentaires.

Des séances d’information leur ont également été dispensées pour les sensibiliser à leurs droits et aux mécanismes de réinsertion prévus dans leurs localités nigérianes. La cérémonie officielle de départ a réuni des autorités camerounaises, nigérianes et des partenaires humanitaires, dont des représentants du Hcr. Le gouverneur de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari, a souligné la coopération « exemplaire » entre les deux pays et les organisations internationales, mettant en avant l’importance d’un retour qui soit « sûr et digne » pour des familles longtemps séparées de leurs terres et de leurs proches.

Dans les rangs des réfugiés, certains ont exprimé un mélange de soulagement et d’appréhension, conscients que leur retour est un nouveau départ après des années de vie dans un camp qui a vu sa population dépasser les capacités d’accueil initiales.

Selon des sources humanitaires, le camp de Minawao abritait récemment plus de 77 000 réfugiés, bien au-delà de sa capacité prévue, ce qui met à rude épreuve les services de base et accentue les besoins en matière d’alimentation, de santé et d’éducation. Dans ce contexte, la poursuite des opérations de rapatriement s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par les autorités nigérianes, notamment celles de l’État de Borno, où beaucoup de ces réfugiés espèrent reconstruire leur vie. En effet, les préparatifs pour rapatrier plus de 3 000 personnes ont été finalisés dans le cadre de cette quatrième phase de retours volontaires, fruit d’une collaboration soutenue entre les gouvernements des deux pays et le Hcr. Cette initiative répond à l’appel du gouverneur de Borno, Babagana Umara Zulum, engagé à ramener chez eux les citoyens déplacés depuis plus de dix ans par les violences liées à Boko Haram.

Un retour progressif vers la stabilité

Dans la capitale régionale de Maroua, Rudacogora Monique, cheffe du bureau sous-régional du Hcr, a indiqué que 3 122 réfugiés avaient été approuvés pour le rapatriement vers les zones de Gwoza et de Bama, toutes deux situées dans l’État de Borno. Cette étape fait suite à une semaine de dépistage et de vérification menée par une équipe conjointe réunissant des représentants des gouvernements nigérian et camerounais ainsi que des responsables du HCR. Parmi ceux qui ont été « clearés », 306 personnes originaires de Gwoza et 2 816 de Bama, regroupant plusieurs centaines de ménages, ont exprimé leur désir de rentrer chez eux librement et volontairement.

La transition d’un statut de réfugié à celui de retour volontaire implique pour beaucoup un long parcours d’adaptation. Les autorités nigérianes prévoient des programmes de réinsertion socio-économique pour faciliter la réintégration des rapatriés dans leurs communautés d’origine. L’éducation des enfants, les soins de santé, l’accès à des terres agricoles et des formations professionnelles figurent parmi les principaux volets de ces initiatives destinées à consolider la paix et à favoriser la reconstruction.

Moustapha BACHIROU

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