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Régionales 2025: La conquête régionale tambours battants

La campagne pour les élections régionales du 30 novembre a démarré tambour battant sur l’ensemble du territoire, mobilisant partis politiques et chefs traditionnels dans une bataille stratégique pour 900 sièges.

Depuis le week-end dernier, le Cameroun est entré dans une nouvelle phase politique avec le lancement officiel de la campagne électorale pour les élections régionales prévues le 30 novembre 2025. Pendant quinze jours, les onze partis politiques engagés vont sillonner les dix régions du pays pour convaincre les électeurs indirects, composés des conseillers municipaux et des chefs traditionnels, de leur accorder leurs suffrages. Le Directeur général des élections, Erik Essousse, a réuni les délégués régionaux d’Elecam pour fixer le cap. « Nous devons garantir un scrutin crédible, apaisé et conforme aux textes en vigueur. La transparence et la logistique doivent être irréprochables », a-t-il martelé lors de cette séance de travail. Cette mobilisation institutionnelle vise à encadrer un processus électoral encore jeune, la première édition ayant eu lieu en 2020.Sur le terrain, la compétition s’annonce rude.

Pas moins de 75 listes de délégués départementaux représentant 916 candidats issus de neuf partis politiques sont en lice. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), fort de son maillage territorial, est présent dans toutes les régions. Il est suivi par des formations comme le Fsnc, le Pcrn, l’Undp, l’Udc, l’Ums, Univers, Bric et le Fpd.À côté des partis politiques, le commandement traditionnel entre également dans la danse avec 91 listes représentant 309 chefs traditionnels. Ces derniers, garants des us et coutumes, détiennent un tiers des sièges dans les Conseils Régionaux. Leur mobilisation est cruciale pour équilibrer les dynamiques politiques et culturelles dans les régions. « Nous sommes les gardiens de l’identité locale. Notre voix doit compter dans la gouvernance régionale », a déclaré un chef supérieur du Sud-Ouest, candidat à sa propre succession.

Les présidents sortants veulent rempiler

Tous les dix présidents actuels des Conseils régionaux sont candidats à leur propre succession. Parmi eux, des figures emblématiques comme Gilbert Tsimi Evouna dans le Centre, Emmanuel Mvé Elemva dans le Sud, Polycarpe Banlog dans le Littoral ou encore Angwafor III dans le Nord-Ouest. Leur présence dans la course traduit une volonté de continuité, mais soulève aussi des interrogations sur le renouvellement des élites locales. Dans certaines régions, la compétition s’annonce plus ouverte. Le Pcrn, par exemple, tente de s’imposer dans l’Adamaoua et l’Est, tandis que l’Undp mise sur ses bastions du Nord. Les partis comme l’Udc et l’Ums espèrent capitaliser sur leur ancrage local pour créer la surprise. Au-delà de l’élection des conseillers régionaux, l’enjeu majeur reste les investitures à la présidence des Conseils régionaux. Le Rdpc, principal parti en lice, devra trancher entre reconduire les sortants ou miser sur de nouveaux visages.

Cette décision sera scrutée de près, tant elle reflétera la volonté ou non du parti de renouveler sa gouvernance locale. Le contexte politique actuel, marqué par une volonté affichée de renforcer la décentralisation, confère à ces élections une importance stratégique. Les Conseils régionaux sont appelés à jouer un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques territorialisées, notamment à travers le programme présidentiel Imo, destiné à stabiliser les jeunes et les femmes dans leurs localités. La campagne est donc lancée, et les quinze prochains jours s’annoncent décisifs. Entre enjeux politiques, équilibres traditionnels et attentes citoyennes, les élections régionales de 2025 pourraient bien redessiner les contours du pouvoir local au Cameroun.

Michel NONGA

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