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Relations diplomatiques Cameroun–Chine: Vers un nouvel élan de coopération à l’aube du 55ᵉ anniversaire

Alors que le Cameroun vient de tourner une nouvelle page politique avec la réélection de Paul Biya (53,66 % des voix), Pékin annonce vouloir imprimer une nouvelle dynamique au partenariat bilatéral. L’année 2026 marquera le 55 anniversaire des relations diplomatiques sino-camerounaises, une étape que le président chinois Xi Jinping présente comme porteuse de « nouvelles opportunités pour le développement » des liens entre les deux pays.

Dans une lettre de félicitations adressée le 3 novembre 2025 à Paul Biya et diffusée le 7 novembre par le Cabinet civil de la Présidence, Xi Jinping a réaffirmé une coopération fondée sur « une amitié traditionnelle » et « une confiance politique réciproque ». Saluant une « coopération fructueuse » et un soutien mutuel sur « des questions touchant aux intérêts vitaux », il dit vouloir « œuvrer de concert » avec Yaoundé, en capitalisant sur les acquis du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine. Au 4ᵉ Focac (4–6 septembre 2024, Pékin), les deux parties ont décidé d’élever leur relation au rang de partenariat stratégique global.

L’objectif : intensifier les échanges dans les infrastructures, l’industrialisation, la connectivité, l’agriculture, la santé et la coopération militaire, tout en approfondissant l’appui technique, les discussions commerciales à caractère préférentiel et le soutien mutuel sur la scène internationale. La Chine est prête « à faire progresser la coopération bilatérale (…) et à aider le Cameroun à diversifier son économie », affirmait alors Xi Jinping. Paul Biya, de son côté, s’est dit disposé à maintenir des échanges de « haut niveau » et à approfondir continuellement ce partenariat. Après le 3ᵉ Focac (2018), l’appel de Yaoundé au secteur privé chinois s’est traduit par des projets phares — ports, barrages, routes, stades — que le Cameroun souhaite désormais voir s’intensifier, notamment sur le réseau routier.

Des échanges économiques en expansion

Depuis 1971, la coopération s’est matérialisée par des chantiers structurants : port en eau profonde de Kribi, barrage de Memve’ele, routes, hôpitaux, enceintes sportives. Sur le plan commercial, la Chine s’impose comme premier partenaire du Cameroun. En 2024, elle a importé pour 535,1 milliards FCFA de produits camerounais (16,5 % des ventes extérieures), devenant le 2ᵉ client du pays et devançant la France (désormais 5ᵉ, 5,7 %). Les exportations vers la Chine restent dominées par les huiles brutes de pétrole (83,0 %) et le gaz naturel liquéfié (8,0 %).

Côté importations, la Chine a conservé sa position de premier fournisseur (22,2 % en 2024), avec un panier diversifié : machines et appareils mécaniques (15,6 %), appareils de téléphonie (6,3 %), insecticides-fongicides-herbicides (5,2 %), riz (2,9 %), pneumatiques neufs (2,6 %), véhicules de transport de marchandises (2,2 %). Le déficit commercial du Cameroun vis-à-vis de la Chine reste substantiel (−572,6 milliards Fcfa en 2024), mais se réduit par rapport à 2023 (−714,3 milliards Fcfa).

Élargissement des domaines de coopération

Au-delà du commerce, la Chine est le premier partenaire financier du Cameroun : environ 3 537 milliards Fcfa mobilisés entre 2007 et 2023 (prêts, dons, assistance technique), au bénéfice des transports, de la santé, de l’énergie et du sport, selon le ministère de l’Économie. La coopération touche aussi le capital humain : près de 3 500 fonctionnaires camerounais ont bénéficié de formations spécialisées en Chine, tandis que des centaines d’étudiants y poursuivent des études grâce à des bourses d’État.

L’entrée dans le 55ᵉ anniversaire offre une fenêtre pour passer d’une coopération majoritairement « infrastructurelle » à des partenariats orientés valeur ajoutée : industrialisation locale des chaînes (agro-industrie, matériaux, équipements), transferts de technologies, normes et qualité, interconnexions logistiques, et co-investissements favorisant la diversification des exportations. Le défi sera d’aligner l’agenda d’investissement avec la soutenabilité de la dette et la réduction d’un déficit commercial concentré sur l’énergie, tout en maximisant les retombées de formation et de contenu local.

SBB

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