
La session de formation, qui marque la septième étape du projet Proderip-Rcv, s’est ouverte le 20 janvier dernier à Yaoundé, sous le thème : « Accroître les rendements et la qualité du riz grâce à l’approche chaîne de valeur dans les pays d’Afrique centrale ».
C’est la secrétaire générale du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), Pr Bambot Amin, représentant le ministre Gabriel Mbairobe, qui a présidé la cérémonie d’ouverture. La rencontre a réuni le chef adjoint de mission de l’ambassade du Japon à Yaoundé, Uehara Kenya, le représentant résident sortant de la Jica au Cameroun, Kageyama Tadashi, ainsi que son successeur, Okumoto Masakatsu. La formation porte notamment sur l’évaluation de la situation de la riziculture dans les neuf pays d’Afrique francophones participants, à savoir : la Mauritanie, la Centrafrique, le Tchad, le Gabon, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Bénin, le Burundi et le Cameroun.
Les travaux se concentrent également sur l’analyse de la qualité de la production rizicole, l’entretien et la production des semences, le suivi global des activités de production, les techniques d’amélioration des rendements, la réduction des pertes post-récolte, ainsi que les méthodes de conditionnement et de commercialisation. Les experts camerounais et japonais chargés de la mise en œuvre technique ont unanimement exprimé leur optimisme, estimant que cet atelier constituera un levier important pour stimuler la production de riz dans les pays participants.
Au cœur de la vision globale de la production rizicole en Afrique centrale
Dans son allocution, Pr Bambot Amin a indiqué que l’atelier permettra de renforcer les capacités des pays participants et de leur fournir les connaissances nécessaires pour faire avancer l’agenda des 32 pays membres de la Coalition africaine pour le développement du riz (Card). Lancée lors de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, à Yokohama en 2008, par la Jica, en partenariat avec des organisations telles que l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, la Card vise à faire passer la production rizicole africaine de 28 millions de tonnes à 56 millions de tonnes d’ici 2030.
La Secrétaire générale du Minader a rappelé que la première phase du projet Card, menée entre 2008 et 2018, a été déterminante pour accompagner les pays membres dans l’élaboration de leurs stratégies nationales de développement et pour renforcer les capacités de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur du riz. Elle s’est dite convaincue que les formations et modules dispensés au cours de ces cinq jours contribueront à renforcer le partenariat entre l’Afrique et le Japon, dans le cadre de l’initiative Card, afin d’atteindre l’objectif de 56 millions de tonnes de riz d’ici 2030.
La Jica se veut optimiste
Le représentant résident sortant de la Jica, Kageyama Tadashi, s’est montré optimiste quant à la capacité de cette formation à combler le déficit d’efficacité de la production rizicole en Afrique centrale par rapport à la consommation et à transformer la sous-région en un pôle majeur de production rizicole mondiale. Il a souligné que la production de riz dans les pays d’Afrique centrale reste insuffisante pour répondre à la demande des populations. La qualité de la production ne respecte pas non plus les normes internationales, et les consommateurs expriment une préférence marquée pour le riz importé.
De son côté, le chef adjoint de mission à l’ambassade du Japon à Yaoundé, Uehara Kenya, a exprimé l’espoir qu’à l’issue de la formation, les pays participants disposeront des compétences nécessaires pour transformer leurs secteurs agricoles respectifs et améliorer les conditions de vie des populations. Il a également salué les progrès enregistrés par le Cameroun dans la mise en œuvre du projet.
Une formation clé pour améliorer la production
Le coordonnateur national du projet Proderip-Rcv, Reginald Ze-Nkwang, a indiqué que cette formation constitue un pilier essentiel du projet, en ce sens qu’elle accompagne les producteurs à travers la purification des semences et la mise à disposition de techniques adaptées pour améliorer la qualité du riz et réduire les pertes post-récolte. Un représentant du ministère de l’Agriculture du Congo-Brazzaville, Guy Romain, a estimé que l’atelier donnera une nouvelle impulsion aux efforts en cours pour accroître la production rizicole en Afrique francophone. Il a précisé que son pays, qui bénéficie déjà de l’appui de la Jica, fait face à d’importants défis dans le secteur du riz. Le pays produit environ 2 000 tonnes de riz par an, alors qu’il importe près de 80 000 tonnes pour couvrir ses besoins annuels.
Moustapha BACHIROU



