
Face à la dégradation de cet axe stratégique, le ministre des Travaux publics renforce le suivi du lot 1 bouchage des nids de poule, cantonnage et préparation des travaux de recyclage avancent rapidement.
Le ministre des Travaux publics (Mintp), Emmanuel Nganou Djoumessi, a foulé le 15 novembre 2025 la chaussée cabossée du lot 1 de la route Mbalmayo-Sangmélima, l’un des plus éprouvés par le trafic marchand et les pluies diluviennes des derniers mois. Moins de 24 heures après avoir adressé une série d’instructions fermes à Arab Contractors, l’entreprise en charge des travaux, le maître d’ouvrage est venu vérifier si la mécanique s’était mise en marche. Sur place, l’activité ne trompe pas : les équipes ont investi le terrain dès les premières heures. Nids de poule rebouchés, bordures taillées, caniveaux dégorgés et cantonnage engagé sur les 17 points de dégradation aiguë recensés la veille sur 39,5 km. L’entreprise a aussi sorti l’un de ses atouts techniques : une tondeuse routière à haut rendement, capable d’avaler un hectare de végétation par jour sur trois mètres de largeur.
Une performance validée la veille par une planche d’essai au PK 3+600, où l’efficacité du matériel a été mesurée pour être généralisée sur l’ensemble du linéaire. À mesure que les équipes s’activent, les engins lourds se préparent à entrer en scène. Car la phase décisive approche. Arab Contractors annonce l’arrivée du béton bitumineux devant servir au recyclage complet des zones en dégradation profonde. Ce procédé, qui consiste à pulvériser la couche existante avant de la recomposer avec du liant neuf, doit redonner de la rigidité à un axe soumis à un trafic dense, notamment celui des poids lourds en direction du Dja-et-Lobo. Le top départ est prévu au PK 0+000, au cœur du carrefour Sangmélima, avant une remontée progressive sur le reste du segment.
Implication des jeunes
Sur le terrain, les chiffres témoignent d’un chantier qui a retrouvé de l’allant. Déjà 21,45 km de recyclage exécutés, 109 162 m² d’imprégnation avec sablage, 116 830 m² de béton bitumineux appliqués, 43 190 m² de déflachage pour éliminer les gonflements de surface, 411 m³ de purges sans compter près de 2 315 m³ de grave 0/31,5 apportés pour reconstituer les assises. Autant de postes qui montrent que le chantier n’est plus en phase d’observation mais bel et bien en phase offensive. Il reste seulement 1,2 km pour raccorder le lot 1 au lot 2, un tronçon stratégique pour rétablir la continuité sur l’axe. En attendant, la circulation est maintenue, sous surveillance, pour éviter le ralentissement de la vie économique locale.
L’ingénieur de l’État, soucieux d’arrimer cette réhabilitation aux réalités locales, a par ailleurs instruit l’intégration de jeunes volontaires selon l’approche Himo (Haute intensité de main-d’œuvre). Ils interviendront principalement sur les tâches manuelles nettoyage, entretien, travaux légers et devraient permettre d’améliorer la vitesse d’exécution tout en offrant une opportunité de revenus temporaires aux résidents de la zone. Sur le lot 2, déjà bien avancé, les dernières opérations se concentrent sur la signalisation horizontale et verticale. La réception définitive est annoncée pour la semaine prochaine. Dans l’intervalle, les services déconcentrés du Mintp multiplient les descentes et les contrôles, soucieux de maintenir la pression sur les délais comme sur la qualité. Car au-delà des kilomètres et des métrés, c’est la restauration d’un corridor vital du Sud Cameroun qui se joue.
Axel ABANDA



