
Face à la dégradation avancée de la route nationale N°1, les administrations des Travaux publics et des Mines ont harmonisé leurs actions pour garantir l’approvisionnement en matériaux et permettre des interventions urgentes.
Le sort de l’axe Ngaoundéré-Garoua, tronçon stratégique du corridor économique Douala-N’Djamena, continue de peser sur l’économie régionale et la mobilité des populations. Reliant l’Adamaoua au Nord du Cameroun, cette portion de la route nationale N°1, conçue dans les années 1990, est en fin de cycle de vie. Les dégradations sévères ralentissent le trafic, compliquent le transport des marchandises et menacent le quotidien des usagers. Pour répondre à cette urgence, le ministère des Travaux publics (Mintp) a organisé le 9 février 2026 à Yaoundé une concertation réunissant le ministre des Mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt) le gouverneur de l’Adamaoua, les entreprises en charge des différents lots et les responsables des services déconcentrés connectés en visioconférence. Au terme de cette réunion, le maître d’ouvrage a sommé les entreprises d’intervenir sans délai pour traiter les points les plus critiques de la chaussée afin de garantir la continuité de la circulation avant le lancement des travaux lourds.
Selon les responsables du Mintp, la décision vise à restaurer la route, lever les blocages et rappeler aux entreprises leurs responsabilités, tout en garantissant l’accès aux carrières. L’approvisionnement en granulats destinés au traitement des nids-de-poule et la validation des sites logistiques demeurent des priorités. Le ministre des Travaux publics a souligné l’urgence de traiter les points critiques au bitume et, avec l’appui du Minmidt a précisé que la carrière de Synohydro, d’utilité publique, doit faciliter la fourniture des agrégats. Soulignons que, a reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua est financée dans le cadre de la quatrième phase du Programme d’appui au secteur des transports par la Banque africaine de développement (Bad). Deux accords signés le 19 mars 2025 à Yaoundé prévoient 216,78 milliards de Fcfa, soit 330,48 millions d’euros, pour réhabiliter les 240,85 km du tronçon et réaliser des aménagements socio-économiques favorisant l’emploi et l’inclusion. La Bad couvre 97 % du coût total estimé à 221,6 milliards de Fcfa et l’État apporte le reste en fonds de contrepartie.
Avancement des travaux
De façon pratique, le projet comprend la construction de trois échangeurs, des voies desservant des bassins agricoles et des infrastructures le long de l’axe pour renforcer son attractivité et sa fonctionnalité. Sur le terrain, l’avancement des travaux dépend des lots et des contraintes locales. Sur le lot 1, entre Ngaoundéré et le bas de la falaise, l’entreprise Cgcoc Group n’a pas encore lancé les opérations de maintien de la circulation, alors que l’état de la chaussée présente des dégradations avancées avec des nids-de-poule et des affaissements ponctuels.
Sur le lot 2, le chinois Chec a démarré le traitement des points critiques à l’aide de matériaux stabilisés et de techniques de renforcement ponctuel de la plate-forme. Les lots 4 et 5, gérés respectivement par Cfhec et Cwe, ont mobilisé leurs équipes et engins, mais l’approvisionnement en granulats concassés reste limité, nécessitant la mise en place de solutions logistiques temporaires.
Axel ABANDA



