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Santé publique:Une révolution dans la lutte contre la mortalité maternelle

Le Cameroun enregistre l’une des plus fortes baisses de mortalité maternelle en Afrique subsaharienne, selon les dernières estimations validées par les Nations unies.

Le Cameroun vient de franchir un cap décisif dans la lutte contre la mortalité maternelle. Selon le rapport mondial « Trends in maternal mortality 2000–2023 » publié par l’Oms, l’Unicef, Unfpa, la Banque mondiale et Onu-Population, le pays a réduit son ratio de mortalité maternelle de 678 décès pour 100. 000 naissances vivantes en 2000 à 258 en 2023. Cette baisse spectaculaire de 63 % sur deux décennies surpasse largement la moyenne subsaharienne, qui reste autour de 454 décès. À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire affiche une réduction de seulement 5 %, le Nigeria 13 % avec un niveau toujours alarmant de 993 décès, et le Ghana 50 %. Le Cameroun se positionne ainsi dans le peloton de tête des nations africaines ayant su inverser durablement la courbe des décès maternels. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que « chaque jour en 2023, plus de 700 femmes sont mortes de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement ». Le Cameroun, en inversant cette tendance, démontre que des politiques ciblées peuvent sauver des milliers de vies. Ce succès est salué par les agences onusiennes comme un modèle de transformation sanitaire en Afrique.

Le Chèque santé, moteur d’une révolution sociale

Au cœur de cette réussite se trouve une innovation locale devenue emblématique, le Chèque santé. Mis en œuvre depuis 2015, ce programme de prépaiement couvre l’ensemble des soins liés à la grossesse, à l’accouchement et au post-partum. Il a permis d’augmenter significativement les accouchements assistés par du personnel qualifié, d’améliorer la prise en charge des complications, de renforcer les systèmes de référence et d’assurer une meilleure disponibilité des services dans les zones reculées. Selon une étude conjointe du Cnrs, de l’Ird et de l’Université de Yaoundé II, « les femmes bénéficiaires du Chèque santé sont plus susceptibles de consulter un professionnel de santé pendant leur grossesse et d’accoucher dans un établissement de santé ». En ciblant les trois retards majeurs responsables des décès maternels, décision de chercher de l’aide, accès aux soins, prise en charge, le programme s’impose comme un outil de justice sociale et de santé publique. Le gouvernement camerounais, avec l’appui de partenaires internationaux, a étendu ce dispositif dans plusieurs régions, notamment dans le cadre de la phase 1 de la Couverture Santé Universelle lancée en avril 2023.Malgré ces résultats remarquables, l’objectif fixé par l’Agenda 2030 reste ambitieux : atteindre un ratio de 70 décès pour 100.000 naissances vivantes.

Porteur d’espoir

Le gouvernement camerounais réaffirme son engagement à consolider le Chèque Santé, à investir dans les infrastructures obstétricales, à garantir la disponibilité de personnel qualifié et à renforcer l’éducation sanitaire des communautés. Les experts soulignent que la mortalité maternelle est l’un des meilleurs indicateurs du bon fonctionnement d’un système de santé. Sauver une femme enceinte implique une chaîne complète et efficiente: information, transport, accueil, soins d’urgence, spécialistes disponibles et plateaux techniques fiables. Le Cameroun, en améliorant ces maillons, montre qu’il est possible de transformer durablement les conditions de vie des femmes. Ce succès n’est pas seulement statistique. Il est humain, concret, et porteur d’espoir pour des milliers de familles. Il rappelle que la mort en donnant la vie n’est pas une fatalité. Et qu’en Afrique subsaharienne, le Cameroun fait désormais partie des nations qui montrent la voie.

M.S. et Celcom Minsante

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