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Socapalm: Une ouverture stratégique pour renouer le dialogue avec la presse

Dans les locaux d’un hôtel de la ville de Douala, la Socapalm a convié la presse hier jeudi, 8 janvier 2026. L’objectif affiché de cette rencontre inédite était de rompre définitivement avec une culture du silence et poser les bases d’un nouveau cadre de collaboration avec la presse.  

Au cours d’une rencontre avec les journalistes, le top management de la Socapalm et de sa maison-mère, le groupe Socfin, a exposé sa volonté de « jouer carte sur table ». Cette réunion stratégique visait explicitement à rompre avec une culture du silence et à recadrer les relations avec la presse. Ouverte par le PCA Sali Hamadou, la séance a débuté par un constat assumé par l’ensemble du top management. Le Directeur Général, Frédéric Auge, a reconnu que « la discrétion historique de l’entreprise avait laissé le champ libre à des récits parfois partiels ou déséquilibrés. » Pour lui, l’objectif affiché « n’est pas d’influencer le travail des journalistes, mais de poser les bases d’un nouveau dialogue fondé sur la transparence et le professionnalisme », affirme-t-il.

Le silence comme erreur stratégique

L’analyse de cette prise de parole révèle une entreprise qui identifie clairement son mutisme passé comme une erreur de communication ayant nui à sa réputation. Le PCA, Sali Hamadou, a ensuite développé cette idée en l’élargissant à une nécessaire évolution du rôle de l’entreprise. « L’entreprise ne peut plus fonctionner en vase clos. Le dialogue avec les parties prenantes est indispensable, et la presse en fait pleinement partie », a-t-il affirmé. Son propos stratégique insiste sur la nécessité de traiter les critiques à la lumière de « faits vérifiables, de données documentées et d’une compréhension fine du terrain », une invitation implicite à un journalisme d’investigation appuyé sur des preuves.

Cette volonté de réécriture du narratif a été explicitée avec franchise par Ludovic Saint-Pol, Directeur de la communication du groupe Socfin. Dans un propos direct, il a reconnu que le silence historique n’était « pas un choix stratégique en tant que tel », mais découlait d’une vision étroite de la communication pour une entreprise en B2B. « On n’a pas réalisé que la situation évoluait et qu’on a laissé le champ libre à des gens pour raconter notre histoire à notre place. […] Si vous allez sur internet, vous allez voir qu’on raconte des horreurs sur nous », a-t-il déclaré, pointant les conséquences concrètes de cette absence. Son analyse souligne un virage pragmatique : face à la prolifération d’informations négatives, l’entreprise n’a d’autre choix que de « prendre le taureau par les cornes » et d’offrir sa version des faits.

Un cadre méthodologique en trois piliers

La nouvelle approche, présentée comme « assumée », se structure autour de trois principes opérationnels : la transparence par la fourniture d’éléments factuels, l’accès facilité au terrain pour des constats directs, et le respect affiché de l’indépendance éditoriale. « Nous ne cherchons ni à orienter vos conclusions, ni à contrôler vos contenus. Notre démarche consiste à élargir le champ des informations disponibles », a expliqué Ludovic Saint-Pol. Cette posture cherche à établir une distinction nette entre l’influence et la simple mise à disposition de données.

Pour concrétiser ces intentions, la Responsable communication locale, Rousselle Barbara Lienoue, a détaillé les dispositifs pratiques, témoignant d’une évolution « progressive mais réelle » vers une communication « plus ouverte, plus accessible et plus régulière ». Elle a présenté les nouveaux outils et un protocole formalisé pour les demandes de visites sur le terrain. « Cette évolution n’est pas un slogan : c’est un choix de méthode », a-t-elle insisté, visant à crédibiliser la démarche par son applicabilité.

Des chiffres et une invitation à vérifier

Le Directeur Général, Frédéric Auge, a profité de cette tribune pour apporter des éléments de réponse à des critiques récurrentes. Il a notamment affirmé que « 100% de notre production d’huile de palme est vendue au niveau local, rien n’est exporté », et que les prix sont ceux « homologués par l’État ». Il a également avancé le chiffre d’une production annuelle d’environ 200 000 tonnes, qu’il a jugée insuffisante face à la demande locale. Ces déclarations, présentées comme des faits vérifiables, constituent le premier matériau de la nouvelle politique de transparence. « Nous sommes prêts à vous recevoir pour la vérification de toute information que vous voudriez avoir », a-t-il lancé, résumant l’esprit de l’initiative.

En conclusion de la rencontre, le Pca Sali Hamadou a synthétisé les trois engagements de la Socapalm : la disponibilité pour fournir faits et accès, la mise en place d’un cadre pratique pour fluidifier les échanges, et la réaffirmation du respect de l’indépendance des médias. L’enjeu sous-jacent à toute cette manœuvre apparaît clairement : il s’agit pour la filiale de Socfin de tenter de restaurer sa crédibilité en équilibrant le récit médiatique, en y intégrant, selon les termes qui ressortent des différentes prises de parole du top management : les « actions correctives, les investissements et les progrès réalisés » trop souvent, « passés sous silence ». Le succès de cette ouverture stratégique se mesurera à l’aune de sa traduction dans les pratiques quotidiennes des deux parties.

Cheikh Malcolm EPANDA

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