
Les professionnels du numérique camerounais sont réunis à Douala du 8 au 10 décembre à l’occasion du 5ᵉ Forum national sur le Dns, organisé par l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic). Placé sous le thème « Dns et souveraineté numérique : bâtir un Internet sûr et de confiance autour du .cm », l’événement a mis en lumière un tournant majeur pour la cybersécurité du pays notamment la signature cryptographique de la zone.cm.
Dans son discours d’ouverture, le Directeur général de l’Antic, Pr Ebot Ebot Enaw a exprimé sa satisfaction de voir cette cinquième édition se tenir à un moment crucial pour l’écosystème numérique national. « Cette édition revêt une importance historique pour notre pays, car elle intervient au moment où le Cameroun vient de franchir une étape déterminante dans la sécurisation de son cyberespace », a-t-il déclaré devant les délégations nationales et autres partenaires techniques. Depuis le dernier forum, tenu il y a 18 mois, le paysage numérique camerounais a connu d’importantes avancées a fait savoir le Pr Ebot Ebot Enaw. À l’heure où plus de 5,16 milliards d’internautes sont connectés dans le monde, la maîtrise du Dns reste un enjeu critique a souligné le Directeur général de l’Antic. Au Cameroun, où l’on compte environ 8 millions d’internautes, de nombreuses difficultés d’accès aux contenus web proviennent encore de mauvaises configurations Dns, souligne l’Antic.
Le moment fort du discours a été l’évocation du 8 avril 2025, date à laquelle l’Antic a officiellement signé cryptographiquement de la zone .cm après l’implémentation de Dnssec. Une avancée qualifiée d’« acte de souveraineté numérique », car elle garantit l’authenticité des sites en .cm et renforce la confiance des utilisateurs. Si la signature Dnssec constitue une avancée majeure, l’Antic rappelle qu’elle n’est qu’un maillon de la chaîne de confiance. La sécurité ne devient effective que si les résolveurs Dns des opérateurs valident correctement les signatures Dnssec. Les statistiques présentées lors du forum montrent l’urgence d’une action coordonnée : dans le monde : 40 % des domaines sont signés Dnssec et la validation atteint 59,84 %. En Afrique : la validation moyenne est de 47,77 %. Au Cameroun : la validation atteint 56,60 %, portée par de fortes disparités entre opérateurs.
Signer la zone Dnssec ne suffit pas
Les taux de validation Dnssec des opérateurs camerounais sont particulièrement contrastés : Mtn : 99,75 % ; Camtel : 73,52 % ; Creolink : 25,35 ; Orange Cameroun : 2,75 % ; Les autres acteurs : 0 %. Des chiffres qui, selon l’Antic, montrent que « signer la zone Dnssec ne suffit pas » : les opérateurs doivent impérativement activer la validation Dnssec sur leurs résolveurs. L’Antic a appelé l’ensemble des parties prenantes à renforcer leur collaboration pour garantir une chaîne de confiance Dns complète et robuste. Les participants sont invités à trois jours d’échanges, de formations et de réflexion stratégique afin de consolider la sécurité du cyberespace camerounais.
Blanchard BIHEL



