
Un incident survenu le 3 décembre 2025 à un poste de contrôle routier de Meiganga, dans l’Adamaoua, a conduit à des tensions et à un blocage temporaire de la circulation. Si l’intervention des autorités a permis un retour à l’ordre sans faire de victime, la Gendarmerie nationale a immédiatement sanctionné le militaire mis en cause et profite de l’occasion pour exposer l’éventail des dispositifs déployés pour lutter contre les comportements répréhensibles de ses personnels et améliorer la fluidité du trafic.
Un accrochage verbal entre un chauffeur routier et un gendarme au lieu-dit « Nandeke », dans l’arrondissement de Meiganga, a dégénéré le 3 décembre dernier, nécessitant la descente sur le terrain de la hiérarchie militaire et des autorités administratives de la région. Face à la radicalisation d’une partie des manifestants qui bloquaient l’axe, les forces de l’ordre ont dû intervenir pour rétablir la libre circulation. Les départs des camions se sont finalement effectués de manière ordonnée sous escorte, sans qu’aucun décès ne soit à déplorer. Sans attendre les conclusions de l’enquête officiellement ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’incident, la Gendarmerie nationale a pris des sanctions internes immédiates. Le gendarme impliqué a été placé aux arrêts pour défaut de maîtrise dans l’exécution du service et muté de façon disciplinaire en dehors des unités routières. Des sanctions complémentaires interviendront à l’issue de l’enquête.
Un arsenal de mesures contre les abus
Au-delà du cas spécifique de Meiganga, la Gendarmerie nationale affirme être engagée dans un processus continu de lutte contre les tracasseries routières. Plusieurs dispositifs sont activés pour encadrer les contrôles et sanctionner les écarts. Un Plan Mensuel de Police de la Route vise à limiter le nombre de contrôles sur un même axe. Des missions vérifient son application sur le terrain, tandis que des contrôles dynamiques sont effectués par la Patrouille Mobile de Contrôle des Flux. Le renouvellement des effectifs des pelotons routiers motorisés est constant, et les personnels indélicats sont systématiquement expulsés et sanctionnés. La formation et le recyclage du personnel intègrent désormais des interventions de syndicalistes pour évoquer les difficultés du terrain. Enfin, un numéro vert, le 1501, permet de signaler les problèmes pour une prise en charge immédiate, et des opérations de contrôle inopiné sont intensifiées, parfois avec des syndicats.
Vers une modernisation des contrôles et une collaboration renforcée
La collaboration avec les professionnels du transport est structurée autour de plateformes régionales et d’un point focal central. La Gendarmerie estime d’ailleurs que l’incident de Meiganga aurait pu être réglé par ces canaux de dialogue. Pour l’avenir, l’institution envisage de nouvelles mesures. Elle propose ainsi aux syndicats la mise en place de systèmes d’escorte en relais pour les convois internationaux, sous conditions. Un projet de système intelligent de contrôle et de répression des infractions, inspiré d’un benchmark en Côte d’Ivoire, est à l’étude. Il vise à améliorer la sécurité, augmenter les recettes et réduire la présence physique des gendarmes. Enfin, une intégration à la plateforme de paiement dématérialisé Tresor Pay, en lien avec le ministère des Finances, est envisagée pour limiter les contacts avec les espèces sonnantes et trébuchantes et prévenir ainsi les tentations.
M.S.



