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‎ Thierry Marcel Massaga: « Ces fauteurs de trouble veulent créer une ambiance de terreur dans le village »

 Fils et petit-fils de la grande famille Woungly Massaga, il dénonce des actes d’atteinte à la propriété foncière, d’usurpation de titre, de trafics d’influence et des menaces de toutes sortes, perpétrées dans le département du Nyong et Kelle par un repris de justice et des membres de la Chefferie Milongo sur un terrain acquis en 1944 dans le respect strict des procédures par Alphonse Woungly Massaga de regretté mémoire.

Un conflit foncier secoue le département du Nyong et Kelle depuis quelques semaines, et vous vous en êtes-fait le porte-voix.  De quoi s’agit-il concrètement ?

Merci tout d’abord au journal « Le Messager » de m’offrir cette tribune pour dénoncer cette affaire qui fait grand bruit dans notre contrée non sans ternir l’image de marque de notre grande famille. Il faut préciser que les problèmes fonciers existent un peu partout, mais le nôtre est un peu particulier. Le problème pour lequel je suis engagé dans une campagne de dénonciation trouve son épicentre à la limite Eseka-Lolodorf. Massaga Mamia fut le tout premier chef supérieur Ngoumbas fangs qui a eu un enfant du nom d’Alphonse Woungly Massaga devenu le tout premier député du département de l’Océan et non moins ancien chef de Groupement et ancien préfet du Nyong Ekelle. Il faudrait savoir qu’Alphonse Woungly Massaga, le père de l’emblématique « Commandant Kissamba », son grand-père était aussi Chef supérieur Ngoumbas fang qui a nourri des regrets plus tard pour avoir accompagné les allemands et les français pendant la période coloniale. C’est vous dire que ces problèmes fonciers n’ont pas commencé aujourd’hui. On les vit partout. Ce qui choque, c’est qu’un individu violent du nom de Mboua Samnick et dont le frère serait chef du village Milongo, sème la terreur. Il menace les gens et leur instruit de repousser les limites du village au motif qu’elles ont été mal circonscrites. Plus grave, que ce territoire ne leur appartient pas. Ce qu’on sait de ce personnage c’est qu’il vient à peine de sortir de prison pour assassinat. La violence dont font montre lui et ses affidés, fait peur aux villageois qui ne savent plus à quel saint se vouer.

En dehors de dénoncer, qu’avez-vous entrepris comme mesures pour les ramener à la raison ?

Nous ne voulons pas d’affrontements. Nous ne voulons pas répondre à la violence par la violence, parce que nous avons enregistré assez de cas de décès, de trafics d’ossements humains et plusieurs choses ignobles. Ce que nous souhaitons tous, c’est que ces individus soient interpellés puisqu’en tant que ayants-droits, nous n’avons pas à verser dans des querelles ou des conflits inutiles. C’est dans cette optique que nous allons saisir par voie de correspondance, les autorités compétentes afin qu’ils aillent répondre de leurs actes devant la Justice. Eux qui racontent à qui veut les entendre qu’ils bénéficient du soutien des hauts commis de l’Etat. C’est pourquoi nous avons commencé par la dénonciation et dès lundi, nous les ferons arrêter.

La vente de cette surface foncière en 1944 est conclue entre un individu, Alphonse Woungly Massaga, et une collectivité coutumière (Ndog-Mbeg). Cette vente coutumière pourrait-elle être source de contestation foncière pour les générations actuelles qui estiment que leurs ancêtres ont été lésés ?

‎Absolument pas. Alphonse Woungly Massaga qui était administrateur civil à Eseka à l’époque, avait été aussi maire. Il a assumé ses fonctions durant de longues années et a construit une résidence à Eseka qu’on cherche à arracher de force aujourd’hui. Tout cela parce que Wouni Massaga est mort.  Son fils qui était influent, lui aussi, s’en est allé. Donc, les gens cherchent à s’accaparer de tout. Il a laissé en héritage de grandes plantations à la limite d’Eseka-Lolodorf, précisément dans un village appelé Milongo. Il y avait un chef là-bas qui était très respecté, qu’on appelait M. Nganbe. Il est décédé et c’est son fils qui a hérité de ses biens. Mais à cause d’une bande de voyous conduit par Thomas Nguidjol et Mboua Samnik, la terreur s’est répandue dans la contrée. Les gens vivent dans la peur, craignant que ces fauteurs de trouble ne mettent en pratique leur dessein funeste. C’est pour vous dire que cette vente coutumière n’est nullement une source de contestation foncière pour les générations actuelles puisque ces dernières ne demandent qu’à vivre dans la paix, dans la concorde et en sécurité.

Comment donc le droit foncier camerounais moderne, qui reconnaît à la fois le droit coutumier et le droit écrit, sécurise-t-il aujourd’hui un tel titre pour éviter les litiges, surtout après 80 ans et face à l’immense valeur que peut représenter 1 677 hectares ?

‎Je pense que nous vivons dans un pays de droit, une République régie par des textes et des Lois. C’est le terrain du grand-père. C’est là où nous avons tous grandi. Ils disent qu’il n’y a plus personne au village et qu’ils peuvent de leur bon vouloir, faire ce qu’ils veulent des terres. Nous décrions cette situation parce qu’elle va finir par créer la confusion et nous allons replonger dans les crimes rituels et toute cette série de découvertes macabres. C’est cela qui est inquiétant. D’où l’urgence d’interpeller le Gouverneur de la région Centre, le préfet du département du Nyong et Kelle et tout l’appareil administratif afin qu’il sévisse et mette hors d’état de nuire ces indigènes qui veulent perturber le quotidien paisible de nos populations.

Sur quelle base juridique cette transmission de propriété d’un individu à une société est-elle établie ?

Le véritable problème ne se situe pas au niveau de l’interprétation des textes en matière foncière. Samnik et sa bande ne sont pas en quête de légalité ou de légitimité. Ils veulent juste semer la pagaille et créer une ambiance de terreur dans le village. C’est un petit groupe qui est en train de vouloir créer le chaos au motif qu’ils revendiquent leurs terres alors qu’il n’en est rien.  Ce dont nous craignons, c’est que cette situation finisse par provoquer des affrontements même avec d’autres villages voisins à l’instar de nos frères les Ngoumbas qui sont de l’autre bord. Nous refusons que l’on en arrive là.

Propos recueillis par M.S.

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