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Trois questions à… Noël N’dong: « La disparition d’Anicet Ekanè est un choc profond »

Journaliste, promoteur de l’Agence d’information d’Afrique centrale Dg, lecontinentmagazine.com, Vice-président de l’Union des Camerounais de l’étranger. Il donne son sentiment quant à la mort du président du Manidem, le 1er décembre 2025, à Yaoundé.

Georges Anicet Ekanè, président du Manidem, est décédé le 1er décembre 2025, à l’hôpital de la gendarmerie nationale à Yaoundé, au Sed. Votre réaction en tant que journaliste camerounais vivant en France ?

La disparition de Georges Anicet Ekanè est un choc profond. C’est une part de la mémoire politique du Cameroun qui s’est éteinte, une voix libre parmi les plus constantes et les plus droites. Depuis la France, je le ressens comme un rappel brutal de la fragilité́ de nos figures historiques, souvent abandonnées à l’oubli. Cette mort interroge autant qu’elle attriste. Elle laisse un vide moral, un vide de courage, un vide de cohérence, dans un pays qui a besoin de repères et de véritables passeurs d’histoire.

Que pensez-vous de la polémique sur les conditions du décès de Georges Anicet Ekané ?

La polémique est légitime, douloureuse. Quand un acteur majeur de l’histoire du Cameroun se retrouve privé d’un appareil d’oxygène indispensable à sa survie, il est normal que des questions se posent (si c’est vraiment ce qui s’est passé). On ne peut donc pas affirmer sans preuve, mais on ne peut pas non plus banaliser l’inacceptable. Je me situe donc du côté́ de l’exigence : transparence totale, enquête indépendante, vérité́, pour la dignité́ d’un homme qui a risqué sa vie pour que la démocratie soit possible.

Quelle image et quelle place de Georges Anicet Ekanè dans l’histoire ?

Je garde de Georges Anicet Ekanè l’image d’un homme entier, têtu parfois, mais fidèle à ses convictions jusqu’au bout. Il a vu mourir Ouandié devant lui, il a affronté l’autoritarisme de l’époque, quand parler coûtait la liberté́. Il a milité pour le pluralisme lorsque cela signifiait surveillance, filatures, parfois la prison. Je plaide pour que l’histoire officielle de mon pays n’efface pas ses propres héros. Georges Anicet Ekanè fait partie de ceux qu’il faut sauvegarder. La place de Georges Anicet Ekanè est aux côtes des bâtisseurs de conscience. Pas seulement pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il a incarné : la possibilité́ d’un Cameroun debout, pluraliste, courageux. S’il existait un panthéon des résistances civiles, il y aurait sa silhouette – droite, maigre, entêtée – au premier rang. Son héritage n’est pas monumental en infrastructures, mais monumental en valeurs. Je conclus : Georges Anicet a su répondre aux besoins de démocratie et du pluralisme, des vœux chers au président Paul Biya, qu’il ne faudra pas effacer du bilan positif de ce dernier, dans le précieux legs qu’il laissera aux camerounais.

Recueilli par J.-C. EDJANGUE

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