
L’Université protestante d’Afrique centrale (Upac) a accueilli, hier, mercredi 10 décembre 2025, la finale de la 3e édition des Joutes oratoires organisées par l’Union européenne. Un concours où la jeunesse camerounaise a brillé par son engagement et sa maîtrise des enjeux des droits humains.
La Journée internationale des droits de l’Homme a pris une résonance particulière à Yaoundé. Sur le campus de l’Upac, un public diversifié, composé d’étudiants, de diplomates, d’acteurs de la société civile et de défenseurs des droits humains, a assisté à une compétition marquée par l’éloquence et l’engagement. Cette 3e édition des Joutes oratoires, organisée par l’Union européenne, s’inscrivait sous le thème de l’engagement citoyen et des droits humains. Huit finalistes, sélectionnés parmi plus de 80 candidats, ont abordé des problématiques cruciales telles que la liberté d’expression, la lutte contre les discriminations, la santé des femmes rurales ou encore les fractures numériques. Chaque discours, limité à quatre minutes, reflétait une rigueur intellectuelle et une sensibilité sociale saisissantes. Jean-Marc Châtaigner, ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun, a ouvert la compétition par un vibrant plaidoyer en faveur des droits humains. « Agissons ensemble pour sauver la Déclaration universelle des droits de l’Homme ! Nous devons nous inquiéter de la situation des autres, car si nous ne le faisons pas, qui le fera pour nous ? », s’interroge-t-il.
Il a également souligné que cette initiative vise à éveiller une génération consciente et engagée, capable de « défendre les valeurs universelles de dignité, de liberté et de solidarité ». Au terme d’une compétition serrée, Biloa Masse Marie-Nadine, étudiante déficiente visuelle, a remporté la première place avec une note de 43,4/50. Son discours bouleversant sur le droit d’accès à l’information et la violence de la cécité numérique a captivé l’audience. Elle a dénoncé « une discrimination invisible qui prive les malvoyants de leur pleine participation à la société numérique », appelant à une inclusion véritable dans un monde de plus en plus connecté. Le jury, composé d’experts en droits humains et en art oratoire, a également récompensé Bell Nleng Prahscueea et Gouane Ndome Loveline, qui ont partagé la deuxième place ex aequo avec une note de 43/50. Leurs plaidoyers sur les féminicides et la liberté d’opinion ont été salués pour leur pertinence et leur profondeur. Le Révérend Professeur Samuel Frouissou, recteur de l’Upac, a exprimé sa fierté d’accueillir cet événement pour la deuxième année consécutive. « Inviter les jeunes à défendre des idées sur les droits humains, c’est bâtir une génération éclairée, responsable et engagée. Ce concours est un formidable outil pour renforcer l’esprit critique et la citoyenneté », a-t-il déclaré.
Jeunesse mobilisée pour un avenir juste
Au-delà des discours, cette édition des Joutes oratoires a confirmé l’importance de créer des espaces où la jeunesse peut s’exprimer librement et défendre les valeurs fondamentales. Avec une majorité de candidates féminines parmi les finalistes et une diversité linguistique réunissant francophones et anglophones, le concours reflète la pluralité et la richesse du Cameroun. Depuis son lancement en 2018, cette initiative de l’Union européenne est devenue un rendez-vous incontournable pour sensibiliser la jeunesse aux enjeux des droits humains. En 2025, alors que le monde est marqué par des crises sécuritaires, des fractures numériques et des tensions géopolitiques, les participants ont rappelé que les droits humains sont essentiels à la vie quotidienne de chacun.
Jean-Marc Châtaigner a conclu en réaffirmant l’engagement de la Team Europe. « Aucun État n’a atteint un point où tous les droits et libertés sont totalement garantis. Les acquis restent toujours fragiles. Mais ensemble, avec des initiatives comme celle-ci, nous pouvons bâtir une société de justice et de progrès », affirme-t-il. Les regards se tournent désormais vers 2026, avec la promesse d’une nouvelle édition encore plus ambitieuse. Alors que les mots ont porté haut les droits humains à Yaoundé, cette jeunesse engagée continue de prouver qu’elle est prête à relever les défis de demain.
Michel NONGA



