
Désormais, les femmes et filles victimes de violence au Cameroun sont invitées à se présenter directement à l’hôpital Jamot. Le partenariat avec l’Ong Acahijec/Centre Afiri garantit un encadrement psychologique et médical complet, avec des soins partiellement subventionnés.
Sous une tente dressée dans la cour de l’hôpital Jamot à Yaoundé le 26 novembre 2025, l’Ong Acahijec et l’établissement de santé ont officialisé un partenariat destiné à réinventer la prise en charge des femmes et filles survivantes de violences au Cameroun. L’objectif de cette collaboration est de réduire les ruptures de parcours qui, trop souvent, laissent les survivantes face à la violence, isolées et sans accompagnement. Autour des deux institutions, représentants gouvernementaux, partenaires techniques, responsables associatifs et acteurs de la société civile ont assisté à la formalisation d’une collaboration attendue. L’accord, qui combine l’expertise psychosociale du Centre Afiri de l’Ong et les compétences médicales et psychiatriques de Jamot, est présenté par ses acteurs comme une réponse concrète à un problème longtemps laissé en marge. Concrètement, Afiri mettra à disposition un cadre de travail et des psychologues pour accueillir les professionnelles de santé mentale de Jamot, et référera vers l’hôpital les cas complexes nécessitant un suivi spécialisé, avec le consentement libre des survivantes.
L’établissement public, pour sa part, enverra sur place ses psychologues et psychiatres, accueillera gratuitement les patientes référées, assurera consultations, hospitalisations et soins psychothérapiques, et désignera des interlocuteurs privilégiés pour coordonner le suivi. Chaque échange d’informations se fera dans le strict respect du secret professionnel et des données personnelles. La convention, d’une durée initiale d’un (1) an renouvelable, institue également une réciprocité : les patientes arrivant à l’hôpital et nécessitant avant tout un soutien psychosocial pourront être orientées vers Afiri.
Dons de matériels d’hygiène et d’entretien
Selon Yvonne Flore Belema Chonga, promotrice du Centre Afiri, dont l’Unfpa est un partenaire privilégié, ce partenariat renforce le modèle du « One Stop Center », qui rassemble en un même lieu soutien psychosocial, assistance juridique et prise en charge médicale. Pour l’Hôpital Jamot de Yaoundé (Hjy), représenté par son Directeur général, Dr Daniel Ekoua, il s’agit d’élargir l’accès à des soins spécialisés tout en structurant un circuit de référencement sécurisé. L’un des moments les plus commentés de la cérémonie a été la remise par Afiri d’un lot de matériel d’hygiène et d’entretien à l’hôpital Jamot.
Notamment, bidons de savon liquide, gants, raclettes, brosses et divers équipements destinés à améliorer les conditions d’hygiène. Un geste présenté comme un acte de solidarité institutionnelle et non comme une donation descendante, reconnaissant les pressions matérielles auxquelles les hôpitaux publics sont soumis. Dans un pays où les parcours d’accompagnement restent morcelés et où la stigmatisation fragilise encore les survivantes, cet accord pourrait bien constituer un tournant. Quelques heures de signatures suffisent à porter la promesse d’un système plus humain, plus coordonné et surtout plus digne.
Axel ABANDA



