
Avec une liste de trois chefs traditionnels représentant le commandement traditionnel du Noun, dont deux Bamoun et un Tikar, l’on célèbre la cohésion et la cohabitation de ces deux communautés dans le Noun, désormais représentées au Conseil régional de l’Ouest.
Le dimanche 30 novembre 2025, dans le cadre des élections régionales qui se sont déroulées sur l’ensemble du territoire camerounais, les chefs traditionnels et conseillers municipaux ont procédé au vote pour la désignation des conseillers régionaux et représentants du commandement traditionnel. Quelques jours plus tard, les résultats ont confirmé la nette domination du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans toute la région de l’Ouest, mais également la reconduction — dans le département du Noun — de la liste conduite par SM Vessah Mongbet Ibrahim, chef supérieur de 2e degré représentant le commandement traditionnel. Il avait comme co-listiers SM Nchankou Njikam Aminou, autre chef de 2e degré et surtout
S M Mvouemchi Mathieu chef du village Mante le grand, à Mabga.
Si le succès du Rdpc dans l’ensemble des dix régions fait les gros titres, l’élection dans le Noun revêt une dimension particulière. La reconduction de la liste de Vessah Ibrahim — qui comprenait un chef traditionnel Tikar en plus d’un chef issu du groupe Bamoun — illustre un choix délibéré de promotion d’un vivre-ensemble interethnique. Dans le contexte du Noun, territoire historiquement attaché au royaume Bamoun, l’inclusion d’un chef Tikar parmi les représentants traditionnels marque une ouverture symbolique forte. Elle témoigne d’une volonté de dépasser les appartenances ethniques pour privilégier l’unité, la cohésion et la cohabitation pacifique entre peuples. Cette vision d’unité, selon nos informations, est portée par le sultan-roi des Bamoun, SM Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya.
En effet, l’idée d’une telle alliance — Bamoun + Tikar — a été impulsée par le sultan-roi des Bamoun, SM El Hadj Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya, lors des investitures dans le dessein de consolider le « vivre ensemble » dans le Noun. Ce choix s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la décentralisation et de la représentation pluraliste des composantes de la population. Il rappelle le rôle fondamental que peuvent jouer les chefferies traditionnelles au Cameroun comme vecteurs de stabilité, de dialogue et d’échange culturel.
Appel à la tolérance
Dans un pays riche de sa diversité, l’inclusion d’un chef Tikar dans la représentation traditionnelle du Noun est un message fort : celui d’une communauté prête à s’unir malgré quelques incidents et incompréhensions du reste surmontés, grâce au mécanisme de diplomatie traditionnelle et à l’encadrement des pouvoirs publics. Cette victoire dépasse la simple obtention d’un siège. Elle peut être perçue comme un signal d’espoir — un appel à la compréhension mutuelle, à la tolérance, et à la reconnaissance de chaque communauté quel que soit son poids démographique ou historique. Elle donne une dimension renouvelée à la tradition : non pas comme un héritage figé, mais comme une institution vivante capable de s’adapter pour servir l’intérêt général. Elle pourrait inspirer d’autres localités de l’Ouest — et du Cameroun tout entier — à envisager des coalitions interethniques au sein de leurs chefferies, dans l’esprit d’un Cameroun uni dans la diversité.
En associant Bamoun et Tikar dans la même liste, la chefferie traditionnelle du Noun envoie un message de réconciliation et d’inclusion, essentiel dans un contexte où les différences ethniques peuvent parfois être sources de tension. En outre, ceci montre que les chefferies traditionnelles peuvent évoluer, s’adapter et incarner une vision moderne de la gouvernance locale, conciliant héritage culturel et cohésion sociale. Enfin, en facilitant un dialogue intercommunautaire, la présence de représentants diversifiés au sein du conseil régional favorise la stabilité, la compréhension mutuelle et le développement harmonieux.
Un modèle de coexistence pacifique
La victoire de la liste de SM Vessah Ibrahim doit être vue comme un début — un tremplin pour construire un Noun uni, respectueux de la pluralité de ses composantes. Il appartient désormais aux représentants élus, aux chefs traditionnels, aux autorités administratives et surtout aux populations — Bamoun, Tikar et autres — de faire de cette chance une réalité concrète : dialogue, solidarité, respect mutuel, partage culturel et développement collectif. C’est en s’appuyant sur cette vision d’unité que le Noun va demeurer un modèle de coexistence pacifique, un exemple inspirant pour toute l’Ouest, et plus largement pour le Cameroun. Une vision portée par le sultan Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya.
Franck ESSOMBA



