
Le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense nationale (Mindef) l’a fait au cours de la cérémonie y afférent dans la cour de son département ministériel en présence des dignitaires de la Défense.
Le Mindef n’est pas allé par quatre chemins pour dire ou rappeler à ses collaborateurs ou à l’Armée en un mot, que l’émergence de menaces non conventionnelles telles que les cyberattaques, la désinformation et l’utilisation stratégique et malveillante de l’intelligence artificielle, redéfinit de manière significative les modalités de la conflictualité contemporaine. « Le cyberespace prend sous nos yeux les allures d’une arène de tauromachie, un théâtre de confrontation féroce entre acteurs institutionnels, groupes et organisations souterrains et sans visage ayant pour cibles premières les infrastructures vitales des pays, les systèmes financiers, les institutions politiques ainsi que diverses banques de données sensibles », a déclaré in extenso le patron de la Défense camerounaise. Bien plus, Joseph Beti Assomo est allé plus loin en indiquant que l’utilisation débridée de l’intelligence artificielle dans les cyberattaques et campagnes de désinformation ou d’infox et de bashing, charrie une manipulation à grande échelle dans divers domaines de la vie des Nations.
Non aux ingénieurs et architectes du chaos
Plus loin, il a conclu que tous ces facteurs engendrent des répercussions en chaînes sur l’économie mondiale, la sécurité internationale et les flots migratoires, ingrédients de la mutation progressive vers un ordre international davantage fragmenté, imprévisible et conflictuel où prospèrent et foisonnent ceux qu’un essayiste français qualifiait récemment d’ingénieurs et architectes du chaos. C’est là assurément un autre front très pernicieux qui s’offre aux Forces de Défense et de sécurité du Cameroun. En présentant ses vœux, le Mindef a confié que l’année 2026 sera également inscrite dans les annales des Forces de Défense comme une année spéciale, en raison d’importantes décisions prises par le Chef de l’Etat, chef des Forces Armées, à l’instar de la promotion de certains généraux de brigade et contre-amiraux aux grades de généraux de division et vice-amiraux, ainsi que la promotion de plusieurs officiers supérieurs aux grades de généraux de brigade et de contre-amiral, à la faveur des décrets du 15 juillet dernier. Aussi, il a rassuré que le Haut commandement n’est ni sourd, ni aveugle, ni indifférent aux préoccupations des hommes. Que celles-ci font l’objet d’un suivi étroit et attentionné. Le Haut commandement continuera de consentir des efforts soutenus dans le but d’améliorer l’équipement des unités et formations, de renforcer les capacités opérationnelles, de moderniser les infrastructures militaires, de renforcer l’autonomie stratégique et d’améliorer les conditions de vie et de travail du personnel, entre autres.
La question de la discipline dans les rangs
C’est un point sur lequel le Mindef a insisté dans son allocution. « Je souhaite, à cet égard, faisant miennes les observations du général de division, Major général de l’Etat-Major des Armées, représentant le général de corps d’armée, chef d’État-major des armées, souligner avec force, l’impérieuse nécessité du respect strict et scrupuleux des consignes sur l’ensemble des théâtres d’opérations », a martelé le ministre. Il a dit s’adresser tout particulièrement aux chefs militaires à qui incombe la responsabilité primordiale de l’encadrement rigoureux des hommes, le suivi constant du comportement des troupes, le maintien de relations courtoises, professionnelles et sereines avec les populations civiles, ainsi que l’application stricte, équitable et impartiale de la loi. « La confiance établie entre les Forces de Défense et de Sécurité et les citoyens est un facteur déterminant pour l’accomplissement de nos missions. La rigueur militaire doit également s’appliquer à nos comportements dans le domaine numérique », a-t-il souligné dans ce sens.
Le ministre a en outre rappelé que la loyauté, la neutralité politique, l’esprit de sacrifice et le respect de la hiérarchie constituent les fondamentaux essentiels de l’institution militaire. Qu’aucun relâchement ne devrait être toléré dans le contexte actuel où la Nation attend de ses Forces de Défense un engagement constant, responsable et irréprochable en faveur de la paix, de la stabilité et de l’unité nationale. De ce fait, il a invité l’ensemble des chefs militaires, à tous les échelons de la hiérarchie, à faire preuve d’exemplarité et à renforcer l’encadrement de leurs hommes, afin de les préserver des discours pernicieux des martins pêcheurs en eaux troubles manifestement tentés de démobiliser les troupes au moyen de discours tendancieux, de faits altérés et d’appels au repli identitaire.
Léopold DASSI NDJIDJOU



