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Yaoundé-Washington: Renforcer les partenariats avec des campus américains

Comment transformer les intentions diplomatiques en coopérations universitaires concrètes ? C’est l’objectif affiché par l’ambassade des États-Unis au Cameroun, qui a réuni mercredi 7 janvier 2026 à Yaoundé des acteurs autour des partenariats entre universités américaines et camerounaises.

Reconnaissance des diplômes, échanges d’enseignants, mobilité étudiante, plateformes de mise en relation entre établissements : des sujets techniques, mais déterminants pour donner un contenu tangible à une coopération souvent évoquée, rarement mise en œuvre. L’initiative intervient dans un contexte sensible pour l’enseignement supérieur camerounais, après plusieurs années de perturbations, dont la suspension des admissions/sélections en doctorat dans les universités d’État, évoquée ces dernières années. Le gouvernement promet désormais une relance, avec des « mesures fortes » annoncées pour améliorer la gouvernance et la qualité académique. Dans ce cadre, les partenariats internationaux sont présentés comme un levier pour redonner de l’élan aux universités.

« Passer de la compréhension mutuelle à la collaboration active »

Pour John G. Robinson, chef de mission adjoint de l’ambassade des États-Unis à Yaoundé, l’heure est venue de sortir des déclarations de principe. « Nous franchissons aujourd’hui le pas entre la compréhension mutuelle et la collaboration active. L’enseignement supérieur est l’un des moteurs les plus puissants du développement national et de la coopération internationale », a-t-il déclaré. Les dispositifs Fulbright et EducationUSA ont été présentés comme des portes d’entrée vers des collaborations plus structurées. L’ambassade se positionne comme intermédiaire et facilitateur, avec l’objectif de faire déboucher ces échanges sur des accords entre établissements. « Nous voulons vous donner les outils pour rendre visibles vos besoins et vos projets auprès des universités américaines, et transformer les discussions de haut niveau en partenariats concrets sur le terrain », a insisté John G. Robinson.

La rencontre est présentée comme le prolongement d’une mission menée en 2024 aux États-Unis par une délégation du ministère de l’Enseignement supérieur. « La séance d’aujourd’hui visait de manière opérationnelle à s’approprier les outils qui permettent aux enseignants camerounais et aux institutions de réseauter et d’établir des partenariats », a expliqué Marcel Laurent Fouda Ndjodo, inspecteur général des affaires académiques au ministère de l’Enseignement supérieur. Pour ce responsable, la coopération avec les États-Unis — qu’il décrit comme « première puissance scientifique et technologique mondiale » — peut servir d’accélérateur au système universitaire national. « Le programme Fulbright a fait émerger des universitaires camerounais parmi les plus brillants qui ont façonné le paysage de l’enseignement supérieur camerounais », a-t-il affirmé.

Fuite des cerveaux : une inquiétude, une réponse

Ces partenariats nourrissent des attentes — accès à des financements, à des réseaux internationaux, à des laboratoires performants — mais aussi des craintes, notamment celles d’une coopération déséquilibrée ou d’une aggravation de la fuite des cerveaux. Marcel Fouda Ndjodo rejette cette lecture : « Le monde est devenu un village planétaire. Il n’y a jamais de fuite de cerveaux. Un pays est toujours bénéficiaire de l’ensemble de ses enfants qui sont dans la diaspora, ils contribuent toujours au développement du pays et ils apportent toujours au pays l’expérience étrangère », estime-t-il. Selon lui, ces échanges pourraient au contraire soutenir la relance des études doctorales, les programmes ciblant en priorité les enseignants-chercheurs et les doctorants.

La coopération Cameroun–États-Unis ne part pas de zéro. Elle s’appuie déjà sur des programmes d’échanges et de bourses (Fulbright, Humphrey, Access), des subventions pour des projets académiques et culturels, ainsi que des partenariats avec certaines universités camerounaises, notamment Dschang et Bertoua.Un exemple mis en avant concerne le partenariat entre l’École nationale supérieure des travaux publics (Enstp) de Yaoundé et la Golden Gate University (Ggu) de San Francisco, autour d’un master en management de l’ingénierie, dispensé conjointement par des enseignants camerounais et américains. Des documents institutionnels mentionnent une coopération Enstp–Ggu et l’appui de spécialistes mobilisés via le programme Fulbright. Dans cette dynamique, Yaoundé et Washington disent vouloir faire de l’enseignement supérieur un pilier de leur coopération bilatérale, au service du développement, de l’innovation et de la formation des élites de demain.

Source : SBB

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